Photo : Philippe CHEMIN - ACO/NIKON
Le circuit du Mans est depuis longtemps reconnu comme un véritable banc d’essai pour les nouvelles technologies. Dans un avenir proche, c’est sur ses 13,6 kilomètres que propulsions hybrides et électriques tenteront d’apporter la preuve qu’elles sont prêtes à concurrencer les motorisations « traditionnelles ». En attendant, « Le Mans vers le futur » donnait l’occasion à dix véhicules un peu spéciaux de s’exprimer devant 240.000 spectateurs.
Maranello a les yeux tournés vers la Sarthe. L’an dernier, Luca di Montezemolo donnait le départ de la course. Cette fois la Scuderia présentait son nouveau laboratoire roulant. La Ferrari 599 XX met en avant la sécurité avec son High Performance Dynamic Concept, système qui garantit un comportement optimisé. Quant aux deux ventilateurs, ils extraient l’air sous la voiture pour la coller littéralement à la route et scotcher son pilote du jour… Jean Alesi !
Après être passée tout prêt de la victoire aux 24 Heures du Nürburgring, la Porsche 911 GT-R Hybrid a conquis le public manceau par ses performances. Ce modèle unique est équipé de deux moteurs électriques chargés d’entraîner les roues avant. L’énergie n’est pas stockée dans des batteries mais par le biais d’une roue d’inertie placée à coté du pilote, en l’occurrence Marc Lieb. Au final, ce sont plus de 160 chevaux qui s’ajoutent aux 480 de la bête pendant 8 secondes.
Dix neuf ans après sa victoire, Mazda revenait au Mans avec sa RX-8 Hydrogen RE. Clin d'œil à l’histoire, C’est Yojiro Terada (29 participations) qui était au volant. Comme la 787b de 1991, le coupé japonais est équipé d'un moteur rotatif, cette fois dopé à l'hydrogène. Ce véhicule, actuellement proposé en leasing au Japon et en Norvège, est doté d'un système de bicarburation « Dual Fuel » qui fonctionne indifféremment à l'hydrogène et à l'essence.
Jacky Ickx, septuple vainqueur des 24 Heures du Mans était au volant de la Volkswagen Scirocco GT24-CNG. En mai, c’est sa fille Vanina qui avait emmené ce coupé sport à la victoire dans la catégorie « énergies alternatives » des 24 Heures du Nürburgring. Ecologique (-80% d’émission de CO2) et rapide, cette voiture fonctionnant au bio gaz est à ce jour la traction la plus rapide autour de la célèbre Nordschleife.
Aux mains de Frank Biela, quintuples vainqueur des 24 Heures, l’Audi e-Tron a fait sensation. Sous ses allures de R8, elle cache quatre moteurs électriques (un par roue, 313 chevaux au total) qui en font une véritable transmission intégrale. L’énergie est stockée dans une batterie lithium-ion qui se recharge en six heures.
Décidément, les pilotes s’intéressent aux nouvelles technologies. Luc Alphand, privé de 24 Heures, s’est fait plaisir au volant de la Tesla Roadster alors que Franck Lagorce essayait de mettre l’Andros Car en travers. S’il n’était pas recouvert de neige, le circuit de la Sarthe n’offrait pas plus de franchissement à la BMW Concept X6 ActiveHybrid.
Fervent défenseur de la technologie diesel en endurance, Peugeot n’est pas en reste quand il s’agit d’hybridation. La Peugeot RCZ Hybrid 4 associe un bloc 2.O HDi placé à l'avant avec un moteur électrique de 37 chevaux placé sur l'essieu arrière, permettant ainsi d'obtenir une transmission intégrale. L’ensemble donne une puissance cumulée de 200 chevaux, et un niveau de consommation et de rejet de CO2 très faible.
Enfin, Daniel Renard passionné du Mans, a réussi son pari d’assembler à temps sa Secma F16 électrique pour qu’elle participe à la grande fête.
Julien Hergault









