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L'avenir de DeltaWing Nissan vu par Don Panoz

L'avenir de DeltaWing Nissan vu par Don Panoz


Photo : JEAN MICHEL LE MEUR - DPPI Media

Les débuts en course de la DeltaWing Nissan dans la 80e édition des 24 Heures du Mans (16 et 17 juin) marqueront pour l’équipe de DeltaWing Racing Cars la fin d’une année de dur labeur. Selon Don Panoz, l’un de ses partenaires principaux, il ne s’agit pas pour DeltaWing, Nissan et Michelin d’atteindre la ligne d’arrivée du légendaire marathon français de l’Endurance, mais d’initier de nouvelles conceptions d'avenir.

Egalement fondateur de l’American Le Mans Series, Don Panoz envisage d’yintroduire en 2013 cette voiture qui fait la moitié du poids, de la puissance et de la trainée aérodynamique d’un prototype LM P1 ou LM P2 actuel. La DeltaWing Nissan accomplira ses premiers tours de piste au Mans le dimanche 3 juin, à l’occasion de la Journée Test des 24 Heures 2012. Ce projet, qui occupera le 56e stand créé hors classement par l’Automobile Club de l’Ouest et destiné à une voiture innovante, rassemble les compétences de son initiateur Don Panoz ; Ben Bowlby ; son parrain Chip Ganassi ; Dan Gurney et sa société All American Racers qui l’ont construite, ainsi que Duncan Dayton, patron de l’écurie Highcroft Racing, qui en assure l’engagement en Sarthe.

Comment vivez-vous l’attente des débuts manceaux de la DeltaWing Nissan ?
Don Panoz : « La somme d’efforts nécessaires à la préparation de la voiture pour les 24 Heures du Mans a été remarquable et chaque personne impliquée doit en partager le crédit. L’intérêt suscité par la DeltaWing est assez étonnant et je suis sûr que la voiture va attirer énormément d’attention en France. Nous ne nous faisons aucune illusion quant à la possibilité de courir dans le haut du plateau, ni même de franchir la ligne d’arrivée. Aller au bout serait déjà remarquable, mais notre objectif est de montrer ce qu’on peut faire pour l’avenir. C’est fantastique d’avoir un partenaire comme Nissan, et ils sont tout aussi impatients que nous à la perspective du mois qui vient. Ce projet a suscité beaucoup de doute mais des gens comme Nissan ou Michelin partagent notre vision de l’avenir, ainsi que les bénéfices d’une exposition qui met en valeur chacune des sociétés qui s’apprêtent à remettre les choses en question et à regarder vers l’avenir. »

Quel sera l’avenir de la voiture après les 24 Heures du Mans ?
« Nous discutons actuellement avec nos partenaires sur cette question, mais le défi consiste dans le fait que la voiture ne correspond à aucune réglementation de l’ACO. Nous aurions donc besoin d’être invités en tant que voiture de nouvelle technologie courant hors classement dans le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, pour disputer quelques courses supplémentaires dans le monde. Nous aimerions également voir la voiture courir en American Le Mans Series. Nous y travaillons également. »

Il n’existe actuellement qu’une seule DeltaWing, pourrait-il y en avoir d’autres à l’avenir ?
« C’est l’idée, en tout cas. L’équipe de Dan Gurney chez All American Racers a accompli un superbe travail en construisant celle qui existe actuellement, mais les suivantes seront construites ici, à Braselton (Georgie), chez Elan Motorsport Technologies. Nous affichons une belle lignée de voitures de courses, avec la Panoz-G Force qui a remporté les 500 miles d’Indianapolis, ainsi que l’intégralité du plateau de la série Champ Car et de la Superleague Formula. Nous espérons que la DeltaWing qui courra au Mans sera elle aussi la première d’une nouvelle grande série. »

Où la voiture pourrait-elle courir à l’avenir ?
« En tant que fondateurs et dirigeants de l’American Le Mans Series, nous aimerions beaucoup la voir dans notre série, et nous croyons qu’elle pourrait être une énorme attraction. Nous avons déjà discuté avec l’IMSA de la possibilité de créer un cadre réglementaire dans lequel la DeltaWing pourrait courir en ALMS contre les prototypes LM P1 ou LM P2. L’alchimie serait de déterminer des règles où les voitures seraient compétitives, mais sans pour autant exercer de domination. Nous aimerions voir de la compétition supplémentaire en LM P1 et LM P2, ainsi que les écuries face à une décision délicate : celle de savoir s’il faut faire courir un prototype traditionnel ou une voiture dans le style de la DeltaWing – sans que nous attribuions un avantage particulier à l’un ou à l’autre. Nous voulons voir des voitures différentes sur la grille. Notre but n’est sûrement pas de remplacer tous les prototypes actuellement en piste, mais plutôt d’apporter un plus à la compétition déjà existante. »

La DeltaWing pourrait-elle à nouveau courir au Mans à l’avenir ?
« C’est une question à poser à l’Automobile Club de l’Ouest. Il y a de nouveaux règlements à venir, et nous aimerions beaucoup avoir l’opportunité de revenir en France pour nous battre pour le podium et pas seulement dans le cadre du 56e stand. Il faut saluer l’ACO pour cette idée, et nous avons été très excités d’avoir la chance de courir cette année. Nous espérons bien revenir. L’intérêt suscité par les médias, les partenaires et les fans est incroyable, nous aimerions construire quelque chose à partir de tout cela. Nous en parlerons très bientôt avec l’ACO. »

Avez-vous eu des contacts par des écuries pour faire courir la voiture à l’avenir ?
« Une fois que la voiture a pris la piste et que les gens ont pu voir qu’elle pouvait bel et bien tourner, le téléphone s’est bien évidemment mis à sonner. On nous a posé des questions évidentes : allez-vous construire d’autres voitures ? Quand seront-elles disponibles ? Quels seront les règlements pour 2013 ? Les fans de l’American Le Mans Series voudraient bien voir la DeltaWing, et ce serait une belle nouveauté pour cette série. Ce sera une question d’équilibre, pour obtenir le bon poids et la bonne puissance. Nous espérons très bientôt mettre au point un cadre réglementaire à ce sujet. »

La DeltaWing pourrait-elle courir dans d’autres disciplines ?
« Tout est ouvert pour les prototypes LM P1 ou LM P2, ou même les GT, il y a beaucoup de travail à faire. La DeltaWing était d'abord née en tant que monoplace, et nous aimerions aussi mettre cette version en piste. Grâce à Chip Ganassi et Ben Bowlby, la DeltaWing a d’abord été une monoplace, et nous souhaitons que cette vision première puisse elle aussi devenir réalité. Nous n’aurions pas pu rallier la France avec la version prototype biplace sans le concept originel de Ben et le soutien de Chip. Il existe dans le monde beaucoup de championnats de monoplaces mono-marques, qui semblent similaires pour l’œil du fan ordinaire. Les fans acharnés pourraient en expliquer les différences, mais monsieur Tout-le-monde ne connaît pas vraiment la différence entre une voiture d’IndyCar, de World Series by Renault, d’AutoGP, de GP2, de Formule 2, de GP3, de Superleague Formula ou même de Formule 1. Et si on alignait sur une grille de départ un plateau entièrement constitué de monoplaces DeltaWing, on verrait une belle différence. »

(D’après informations press Highcroft Racing)

Photo : SEBRING (FLORIDE, ETATS-UNIS), SEBRING INTERNATIONAL RACEWAY, 12 HEURES DE SEBRING, 15 MARS 2012. La DeltaWing Nissan effectue ses premiers tours en public aux mains de Marino Franchitti.
 

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