Photo : DR - Archives ACO
Le paradoxe de ce plateau est d’offrir à la vue des spectateurs des véhicules de conception d’avant guerre avec le « look » typique de cette époque (carrosseries étroites et roues extérieures) et des voitures nées à la fin de la décennie quarante et bénéficiant déjà de maints perfectionnements.
Les premières 24 Heures de l’après guerre continuèrent de mêler voitures de quasi-série et voitures élaborées pour la course, même si elles avaient en commun d’être régulièrement immatriculées. Ainsi se cotoyèrent les 4 CV Renault et les Jaguar D, célèbres par leur dérive d’appuie tête qui donnait dans les Hunaudières une stabilité pour une vitesse déjà très élevée (270km/h).Les débuts de la 4 CV furent contrariés par le refus de la régie de voir cette voiture populaire s’engager dans l’épreuve mancelle. C’était sans compter l’obstination du meunier beauceron Camille Hardy qui démontra, à défaut de terminer l’épreuve, le réel potentiel de l’auto qui fût par la suite développée et engagée par l’usine. Aston Martin qui avait déjà laissé entrevoir dans les années trente un large potentiel, développa ses belles Grand Tourisme qui figurèrent rapidement aux places d’honneur.
Mention spéciale à Talbot dont la T26 pouvait avec le même panache être à l’honneur en Grand Prix et aux 24 Heures (quatre ailes « moto » quatre phares suffisaient) mais que d’efforts pour conduire ces monstres brutaux de 4500 cm3 (voir les 23H30 de conduite de Rosier et les 22 Heures de Pieere Levegh qui allaient sceller son destin).
Certes, la décennie fût Jaguar avec les type C (apparition des freins à disques) et type D, mais l’éclosion de nombreuses marques (Austin Healey, Frazer Nash, Cooper, Triumph, AC Bristol, Lotus) laisse à penser que ces années du renouveau furent fertiles. Les Français, mal remis du conflit mondial se spécialisèrent dans les petites cylindrées et avec bonheur d’ailleurs si l’on pense aux victoires DB Panhard, Monopole. Rappelons aussi la naissance du pneu radial sur Lancia en 1953, et d’autres participations « exotiques » comme Fiat, Skoda ou le retour des américains avec Briggs Cunningham et ses Cadillac, la domination de l’injection d’essence sur la célèbre Mercédès « papillon ». N’oublions pas non plus les magnifiques Alfa Roméo, Lancia, Ferrari, Maserati qui illuminèrent le début de la décennie.









