Pilotes brillants aussi bien au Mans qu’en monoplace au fil de parcours atypiques, tous trois ont en commun d’avoir inscrit leur nom au palmarès et, chacun à sa manière, dans la légende des 24 Heures.
Jochen Rindt (1942-1970) – Pilote et propriétaire d’écurie en Formule 2, pilote en Formule 1, il compte quatre participations aux 24 Heures du Mans. Il ne reçoit qu’une seule fois le drapeau à damier sarthois… mais en vainqueur ! En 1965, après des ennuis en début de course, il se lance avec son équipier américain Masten Gregory dans une folle remontée qui les ramène jusqu’en deuxième position, puis en tête de la course lorsque la Ferrari 250 LM de tête est retardée par une crevaison. Celle de Gregory-Rindt est engagée par le NART de Luigi Chinetti, l’importateur américain du Cheval Cabré. Cette victoire est encore aujourd’hui la dernière de Ferrari aux 24 Heures du Mans. Jochen Rindt trouve la mort le 5 septembre 1970 sur Lotus-Ford lors des essais du Grand Prix d’Italie. Cette année-là, il devient le seul pilote de l’histoire de la Formule 1 sacré Champion du Monde à titre posthume.
Helmut Marko (71 ans) – Il fut un compagnon « de route » de Jochen Rindt lors de courses automobiles nocturnes dans les environs de Graz, capitale de la Styrie. Il monte sur le podium des 24 Heures du Mans dès sa première participation en 1970, avec une troisième place partagée avec Rudi Lins (Porsche 908). L’année suivante, il est au volant d’une 917 K de Martini Racing. Le duo qu’il constitue avec le Néerlandais Gijs van Lennep s’impose et établit un record de la distance qui ne sera battu qu’en 2010. Sa troisième participation en 1972 sur Alfa Romeo est hélas la dernière. Trois semaines plus tard, sa carrière prometteuse de pilote s’achève brutalement lors du Grand Prix de France de F1 : une pierre projetée par la Lotus d’Emerson Fittipaldi le prive de l’usage d’un œil. Helmut Marko est aujourd’hui le conseiller de Dietrich Mateschitz, propriétaire de Red Bull, pour toutes les activités de la boisson énergétique en sport automobile.
Alex Wurz (40 ans) – Alors qu’il court en Formule 3, il est repéré par Reinhold Joest, qui lui propose de piloter la Joest-Porsche TWR aux 24 Heures du Mans 1996. Associé à Manuel Reuter et Davy Jones sur un drôle de châssis qui courut précédemment sous le nom de Jaguar puis Mazda, l’Autrichien remporte la course dès sa première participation et devient du même coup, à 22 ans, le plus jeune vainqueur du double tour d’horloge sarthois ! Après une longue carrière en Formule 1, il fait son retour aux 24 Heures en 2008 chez Peugeot, puis signe une deuxième victoire l’année suivante, avec David Brabham et Marc Gené. Devenu en 2012 fer de lance de Toyota, il est aujourd’hui en quête d’un troisième succès manceau. En 2014, la Toyota TS040 Hybrid qu’il partageait avec Kazuki Nakajima et Stéphane Sarrazin, partie de la pole position, mena longuement avant d’être contrainte à l’abandon. Personnage atypique, Alex Wurz, qui décore lui-même son casque, a souvent porté avec sa combinaison de pilote des bottines de couleurs différentes (une rouge et une bleue) et a même été Champion du Monde de BMX (vélo tout-terrain) à l’âge de douze ans, avant de choisir le sport automobile !
Jean-Philippe Doret / ACO
Photo : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS, JEUDI 12 JUIN 2014, QUALIFICATIONS. Alex Wurz (à gauche) et Stéphane Sarrazin (à droite) fêtent la pole position conquise par leur équipier Kazuki Nakajima (au centre, casqué).









