Cette saison a été exceptionnelle pour vous : victoire aux 24 Heures de Daytona, succès dans la catégorie LMP2 Pro/Am des 24 Heures du Mans, et titre de champion LMP2 en IMSA WeatherTech SportsCar Championship. Avec le recul, comment résumeriez-vous cette année ?
« Cette saison 2026 a tout simplement été parfaite. Cela a demandé beaucoup de travail, mais une fois lancés, tout est devenu parfait. D’ailleurs, nous avons entamé l’année sur les chapeaux de roues avec une victoire à Daytona. Puis, tout est allé très vite. Chaque course s’est bien déroulée. Une fois sur cette lancée, tout est devenu presque facile, car nous savions exactement comment procéder, sur quels points nous concentrer, et comment apprendre les uns des autres en tant qu’équipiers. Les résultats ont continué d’affluer, avec des victoires marquantes lors de grandes épreuves, et le titre de champion pour couronner le tout. C’était vraiment parfait ! »
Sur quels aspects avez-vous le plus progressé en tant que pilote cette saison, et pourquoi ?
« Je pense que la gestion de la pression a joué un rôle majeur. Sur le plan du pilotage, j'ai pu mettre à profit ce que j'avais appris par le passé. Mais être en lice pour le championnat tout au long de la saison, avec des écarts très serrés jusqu'au bout, a constitué une expérience très enrichissante. Par ailleurs, nous avons remporté deux courses importantes, durant lesquelles nous avons été soumis à une certaine pression pendant les trois quarts de l'épreuve, ce qui ne nous laissait aucune marge d'erreur. Cet aspect a été un véritable apprentissage, une étape importante dans mon développement, et je pense avoir plutôt bien géré la situation. Les résultats parlent d'eux-mêmes. »
Comment gérez-vous ce genre de pression ?
« Pour être honnête, je ne sais pas trop ; on continue tout simplement. Ma famille a joué un rôle très important cette saison. Elle m'a aidé à préserver une certaine normalité, surtout durant la seconde moitié de l'année, qui a été extrêmement chargée, avec une succession ininterrompue de courses. Pouvoir retrouver un peu de normalité, réussir à déconnecter... ça peut paraître bête, mais même le week-end, ne pas rester trop focalisé sur la compétition — et donc éviter de trop s'en inquiéter — était essentiel, surtout quand on est engagé, comme je le disais, dans une lutte qui s'inscrit dans la durée. Ma famille a été un soutien précieux. »
Quel rôle avez-vous joué dans le développement de la Peugeot 9X8 cette année ? Pouvez-vous nous donner un exemple de votre contribution technique ?
« J'ai participé à quelques essais. Au départ, je n'avais qu'une expérience limitée de ce qu’une Hypercar pouvait offrir comme sensations, mais je me suis appuyé sur mes connaissances acquises dans d'autres catégories ; après tout, cela reste une voiture de course. Il est donc essentiel, selon moi, de savoir quels aspects cibler pour gagner du temps au tour. L'idée est vraiment de se concentrer sur les points qui comptent. Qu'il s'agisse de l'équilibre de la voiture ou de tout autre ressenti précis, j'ai pu apporter des retours qui se sont avérés très utiles. Je ne suis pas ingénieur ; je ne sais pas exactement ce dont cette voiture a besoin pour aller vite, mais si je peux transmettre à l’équipe mes sensations exactes, cela les aide à prendre des décisions. C'est précisément ce que j'ai dû faire, et ce que je m'efforce de faire de plus en plus au fil du temps. »
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Quelles sont vos attentes pour 2027, et dans quels domaines aimeriez-vous obtenir de meilleurs résultats ou constater une progression ?
« En réalité, je n'ai pas d'attentes particulières, ce qui est plutôt agréable en rejoignant une nouvelle équipe, et un nouveau championnat, par ailleurs. Toutefois, je veux réaliser la meilleure performance possible. J'espère surtout progresser, et continuer à m'améliorer tout au long de la saison. De plus, la nouvelle version « EVO » de la 9X8 sera une découverte pour nous tous. L'idée est d'apprendre au fur et à mesure, étape par étape. Comme je l'ai dit, sans attentes préétablies, on évalue sa situation de départ, puis on cherche simplement à progresser à partir de là. C'est ça, le plus important. »
Comment votre perception de la 9X8 a-t-elle évolué depuis le premier essai à Bahreïn en 2025 et vos tests les plus récents ?
« Je dirais que je m’y suis habitué. Je suis moins impressionné. Au début, j'ai surtout remarqué que la voiture est extrêmement rapide en ligne droite. C’est un aspect que j’ai dû appréhender. À mesure que je m'y suis adapté et que je me suis senti plus à l'aise, j'ai pu commencer à pousser davantage dans d'autres domaines et à faire confiance à la voiture. C'est un point essentiel : avoir confiance en sa monture, car ce sont des machines difficiles à piloter. Donc, à mesure que j'ai gagné en confiance, j'ai pu l'exploiter comme il se doit. »
Comment vous préparez-vous pour 2027, maintenant que vous êtes pilote officiel de Team Peugeot TotalEnergies ?
« J’ai beaucoup de chance de pouvoir disputer les deux dernières manches de la saison 2026 du FIA WEC. Cela me permet de m’intégrer correctement à l’équipe et de mieux appréhender le championnat. Je compte donc tirer le meilleur parti de ces week-ends, avant — je l’espère — une petite pause bien méritée. Le rythme a été très intense, mais la suite s’annonce tout aussi soutenue : nous aurons certainement des séances sur simulateur, qui nous permettront de bien définir nos objectifs et la stratégie pour les atteindre dès le début de l’année prochaine. Bref, j’ai vraiment hâte d’y être. C’est bien là l’essentiel. »

Vous serez en mesure de viser la victoire au classement général des 24 Heures du Mans l’an prochain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
« Oui, ce serait un rêve devenu réalité. Certes, j’ai remporté la catégorie LMP2 Pro/Am des 24 Heures du Mans, mais décrocher la victoire au classement général, c’est sans doute l’étape suivante. Nous aborderons l’épreuve sans attentes particulières, mais c’est bien l’objectif que nous visons tous. Ce serait fantastique et c’est en tout cas ce vers quoi nous tendons. »
Les fans des 24 Heures du Mans ne le savent peut-être pas, mais en parallèle de votre carrière de pilote, vous gérez une ferme. Sur un circuit, l’objectif est d’être le plus rapide. À la ferme, c’est la nature qui dicte le rythme. Laquelle de ces activités exige le plus de patience, et comment transposez-vous ce que vous avez appris l’une à l’autre ?
« L’agriculture exige assurément, à certains égards, une plus grande patience. Mais je dirais — et c’est ce que je répète souvent — que la leçon la plus précieuse que j’ai tirée de la ferme, et que j’applique au monde de la course, c’est la valeur du travail acharné. C’est un métier très exigeant ; et lorsqu’on peut mettre cette expérience au service d’une discipline comme l’endurance — qui demande énormément de détermination et d’efforts —, on constate une réelle similitude entre les deux univers. Voilà, c’est ce que je ressens. »
À retenir :
- Alex Quinn a connu une saison 2026 remarquable en remporter la catégorie LMP2 des 24 Heures de Daytona, la classe LMP2 Pro/Am des 24 Heures du Mans, et le titre LMP2 en IMSA WeatherTech SportsCar Championship.
- Grâce à ces résultats, il est devenu pilote officiel de Team Peugeot TotalEnergies en Championnat du monde d’endurance FIA WEC.
- En 2027, il pilotera une version EVO de la Peugeot 9X8. Ces derniers mois, il a contribué au développement de l’Hypercar française.
- Lors de la 95e édition des 24 Heures du Mans (9-13 juin 2027), il sera en mesure de viser la victoire, « un rêve devenu réalité ».
- 24 Heures du Mans
- Interview
- Alex Quinn
- PEUGEOT TOTALENERGIES










