24 Heures du Mans - Jan Lammers : "Gagner en 1988 reste un super souvenir"
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24 Heures du Mans - Jan Lammers : "Gagner en 1988 reste un super souvenir"

Jan Lammers a remporté les 24 Heures du Mans en 1988 sur une voiture mythique, la Jaguar XJR-9 LM. Le pilote hollandais souhaite disputer de nouveau les 24 Heures du Mans sur une Dallara P217 de Racing Team Nederland en compagnie, entre autres, de Rubens Barrichello. En attendant, l'homme de 60 ans revient sur sa carrière au Mans (22 participations).

Entre Jan Lammers et les 24 Heures du Mans, c’est une grande histoire ! Elle n’a pas commencé lors de sa première participation en 1983 (sur Porsche 956 engagée par Canon Richard Lloyd Racing avec Jonathan Palmer et Richard Lloyd, 8e, ndlr), mais bien avant, en 1970 plus précisément. « J’ai été le témoin du tournage du film Le Mans. J’ai pu rencontrer Steve McQueen et obtenir son autographe. Ce fut un moment mémorable pour moi. Quand j’étais jeune garçon, j’ai pu m’asseoir dans une Porsche 917 et rouler sur la ligne droite des Hunaudières. Je ne pouvais même pas voir par la fenêtre, j’étais trop petit. Vivre cela quand vous avez 14 ans et gagner les 24 Heures du Mans plusieurs années plus tard, c’est quelque chose d’extraordinaire. »

Le Néerlandais a disputé la course mancelle à 22 reprises entre 1983 et 2011. Son meilleur résultat reste bien sûr sa victoire en 1988 avec Andy Wallace et Johnny Dumfries. « 1988 reste pour moi un super souvenir. Il y avait beaucoup de supporters anglais cette année-là, en particulier dans la ligne droite des stands, qui agitaient les drapeaux Jaguar. Ce fut une grosse bataille avec les Porsche 962 C usine. La marque allemande restait sur un fantastique record (7 victoires de suite de 1981 à 1987, ndlr). Le fait que nous arrivions à les battre fut un moment fantastique. »

Son fait d’armes a été réalisé dans une voiture devenue mythique, la Jaguar XJR-9 LM n°2. « C’est une auto fantastique. Le moteur avait beaucoup de puissance, du début jusqu’à la fin, la ligne de puissance était progressive. C’était un bonheur de la piloter et, même si le moteur arrière était assez lourd, elle était facile à piloter. J’ai eu des coéquipiers talentueux tout au long de ma carrière chez Jaguar comme Martin Brundle (vainqueur des 24 Heures du Mans en 1990 sur Jaguar, ndlr), Eddie Cheever, Raul Boesel, Derek Warwick (vainqueur des 24 Heures du Mans en 1992 sur Peugeot 905, ndlr), Andy Wallace, Johnny Dumfries, etc… Quand vous êtes le plus rapide de tous, cela signifie quelque chose, surtout face à des gars comme cela. »

Le pilote batave passe quatre saisons au sein de l’équipe Jaguar entre 1987 et 1990. Il revient dans la Sarthe dès 1992 avec un autre constructeur, Toyota et ses célèbres TS010. « Avec Toyota, ce fut là aussi une époque fantastique. Je sortais de chez Jaguar et on entrait dans une période avec de superbes voitures (Voitures de Sport avec un V10 de 3.5 litres). La voiture était tout simplement excellente, mais il nous a manqué un peu de fiabilité. Nous avons eu trop de petits incidents mécaniques lors de nos deux participations aux 24 Heures du Mans en 1992 et 1993 (il a terminé 8e de la course à chaque fois, ndlr). »  

Jan Lammers a bien entendu eu un regard particulier sur la dernière édition qui a vu la Toyota TS050 Hybrid n°5 (Sébastien Buemi, Anthony Davidson et Kazuki Nakajima), alors en tête, s’arrêter dans la ligne droite des stands un tour avant l’arrivée. « En 2016, Toyota a perdu Le Mans de presque rien. C’est tellement dommage pour eux ! Même  Porsche s’est senti « mal » pour Toyota car la marque japonaise a mené la course si longtemps. Perdre comme cela, dans le dernier tour, c’est cruel mais c’est Le Mans. Porsche a toujours été au contact et n’a pas eu de souci. Quand vous construisez une voiture pour disputer les 24 Heures du Mans, vous devez la prévoir pour 36 heures et non 24 ! »