Conseils aux rookies des 24 Heures du Mans
Retour

Conseils aux rookies des 24 Heures du Mans

Chaque année, de nouveaux pilotes (appelés rookies) débutent aux 24 Heures du Mans. Un aboutissement, un rêve pour chacun d’entre eux, mais aussi un sacré défi… Parole d’anciens !

Ils sont 44 rookies à prendre part cette année aux 24 Heures du Mans, soit 25 % du plateau. Il y a les pilotes venus d’autres disciplines, vedettes de la F1 ou de l’Indycar Series, pour qui l’on se dit que l’adaptation sera forcément rapide tant leur expérience est grande. Parmi eux, Tony Kanaan (vainqueur des 500 miles d’Indianapolis 2005), Yuji Kunimoto (champion Super Formula 2016) ou Rubens Barrichello (recordman du nombre de départs en F1 avec 323 Grand Prix). « Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, s’amuse le Brésilien. J'ai couru à Monaco, à Monza, à Indianapolis... Tant que j'apprends, je me sens jeune ! » Même décontraction affichée par Jean-Eric Vergne, 58 départs en F1 : « J’ai fait 3'32 dès mon premier tour chronométré à la Journée Test. J’étais à l’aise tout de suite, j’adore le circuit. »

"Je ne m’inquiète pas pour les jeunes..."
R. Dumas

Et puis, il y a les autres, les « juniors » moins chevronnés, pour qui l’on s’interroge forcément un peu plus. « Je ne m’inquiète pas pour les jeunes, tempère Romain Dumas, double vainqueur de l’épreuve. En 2001, j’ai fait partie d’une nouvelle génération de pilotes qui ne venait pas en endurance par défaut, mais par conviction. Aujourd’hui, il y a beaucoup de jeunes professionnels qui n’ont pas grand-chose à apprendre de nous, comme Alex Lynn, Matthieu Vaxivière ou Thomas Laurent. Pour gagner Le Mans, il faut rouler vite. Alors je préfère partager mon volant avec un jeune débutant rapide, qu’avec un ancien expérimenté lent. »

"Dormir, manger, boire, c’est mon secret..."
O. Beretta

Les nouveaux apprennent vite, encore faut-il leur donner les bonnes instructions. « S’économiser, c’est le seul conseil à donner, résume Olivier Beretta, 20 participations. La semaine est longue et éprouvante, surtout par cette chaleur. Il faut se ménager, que ce soit le soir avec les amis ou le vendredi à la parade. Dormir, manger, boire, c’est mon secret ! » D’autres sont plus précis dans leurs instructions. « Je demande à mes coéquipiers de ne jamais dépasser d’autres voitures dans les courbes situées entre Mulsanne et Indianapolis, révèle Emmanuel Collard, 22 participations. Les pilotes de grand tourisme peuvent ne pas nous voir et se rabattre sur nous à plus de 300 km/h. C’est arrivé à Mike Rockenfeller il y a quelques années. Mieux vaut perdre deux secondes que perdre la course. » L’expérience et le vécu n’ont pas de limite au Mans... « En cas de panne, je demande au pilote de s’immobiliser sur le bas-côté à l’intérieur du circuit, explique Jan Lammers, 22 participations lui aussi. Par les voies intérieures, un mécanicien peut venir très rapidement en scooter alors qu’il lui faut plus d’une heure par les routes extérieures*. Cela peut sauver une course ! »

"Mieux vaut perdre deux secondes que perdre la course."
E. Collard

Mercredi soir, la Corvette « art car » a tapé le mur du virage du Karting après quelques minutes d’essais seulement. A son volant, Christian Philippon s’est fait surprendre par le dévers inversé, une caractéristique inédite de ce virage sournois. Le Mans reste cruel avec les débutants...

* Précisons toutefois qu’un mécanicien ne peut intervenir sur une voiture en dehors de la zone des stands. Le pilote est le seul à pouvoir agir.

Photo : Les 44 rookies admis au départ des 24 Heures du Mans. On reconnaît notamment Rubens Barrichello (1e rang, 5e en partant de la gauche), Tony Kanaan (1e rang, 8e en partant de la gauche), Yuji Kunimoto (1e rang, 10e en partant de la gauche) et Jean-Eric Vergne (en haut à gauche).