Delahaye, la première victoire - Trois ans après sa première visite sarthoise, le constructeur tourangeau Delahaye signe un doublé avec la 135 S des vainqueurs René Trémoulet-Eugène Chaboud et leurs dauphins Yves Giraud-Cabantous et Gaston Serraud. Ce triomphe est complété par la quatrième place de René Biolay et Louis Villeneuve. Une récompense méritée par un constructeur pionnier, dont les activités automobiles couvrent depuis 1895 un spectre très large d'activités : compétition bien sûr, mais aussi poids lourds et véhicules d'incendie.
La Delahaye 135 S victorieuse en 1938 est dérivée d'un modèle de route, la 135, né trois ans plus tôt. En 1938, sept Delahaye étaient au départ, comme en 1937 et 1939. Après l'interruption d'une décennie consécutive à la Seconde Guerre Mondiale, on en retrouvera une nouvelle fois sept lors de la reprise des 24 Heures du Mans en 1949 !
Peugeot et la famille de Cortanze, deux générations pour les 24 Heures - Concessionnaire et carrossier spécialiste de Peugeot, Emile Darl'mat se laisse convaincre par son ami pilote Charles de Cortanze de s'engager aux 24 Heures du Mans. En 1937, les trois Peugeot 302 DS Darl Mat avaient terminé en septième, huitième et dixième positions. En 1938, trois 402 sont au départ. Deux sont contraintes à l'abandon, mais au volant de la troisième voiture, de Cortanze, associé à Marcel Contet, offre à Emile Darl'mat son meilleur résultat aux 24 Heures, avec la cinquième place.

Après cette belle performance, il faudra attendre 1991 pour retrouver une Peugeot dans la Sarthe... Avec une voiture dessinée par André de Cortanze, le fils de Charles ! Ce dernier vit tout d'abord d'un très mauvais oeil la vocation de pilote de son fils, avec à la clé une mémorable gifle à l'adolescence ! André de Cortanze prend à cinq reprises le départ des 24 Heures sur Alpine, avec comme meilleur résultat une huitième place en 1968. Lorsque Jean Rédélé, le patron de la marque française, lui impose un choix cornélien entre le pilotage et la technique, André de Cortanze devient l'un des plus brillants ingénieurs de sa génération, de la Formule 1 aux 24 Heures du Mans. Avec en point d'orgue la création de la Peugeot 905, victorieuse dans la Sarthe en 1992 et 1993. La boucle était bouclée !
Quinzième édition des 24 Heures du Mans : le podium
1-Jean Trémoulet-Eugène Chaboud (Delahaye 135S n°15)
2-Yves Giraud Cabantous-Gaston Serraud (Delahaye 135S n°14)
3-André Morel-Jean Prenant (Talbot Lago SS n°5)
Jean-Philippe Doret / ACO