94e édition des 24 Heures du Mans : des chiffres clés supplémentaires
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24h Le Mans
Entre les WEC 6 Heures de Spa-Francorchamps et les 24 Heures du Mans, la Belgique et la France, les Ardennes et la Sarthe, voici une grande interview portrait de Jacky Ickx. Pour cette première partie, le sextuple vainqueur du double tour d'horloge sarthois revient sur son enfance et sa première apparition aux 24 Heures, en 1966.
Lorsque Jacky Ickx naît à Bruxelles le 1er janvier 1945, un épisode-clé de la Seconde Guerre mondiale est en train de se jouer sur sa terre natale de Belgique : la bataille des Ardennes. Elle a commencé le 16 décembre 1944 par une offensive allemande, finalement repoussée le 25 janvier 1945 après un mois de combats sous un froid terrible.
Son père, Jacques Ickx, est une grande plume de la presse sportive et automobile belge dans le quotidien Les Sports. On aurait pu ainsi penser que la carrière de pilote de Jacky serait le fruit d'une démarche naturelle, compte tenu de l'environnement quotidien de son géniteur. Pourtant, il n'en est rien.
"Pour en arriver à mes débuts en moto, il faut d'abord faire le désespoir de ses parents en termes de scolarité, raconte Jacky Ickx. J'étais près du radiateur et de la fenêtre. J'avais bien chaud en hiver, je pouvais regarder les petits oiseaux par la fenêtre ouverte en été, et je n'ennuyais ni mes petits camarades ni les professeurs. Ce qui expliquait le désespoir de mes parents car mes résultats n'étaient pas à la hauteur de leurs espérances. Il fallait donc avoir des parents avant-gardistes qui devaient trouver les moyens de vous motiver, et donc de vous offrir des cadeaux pour vous voir mieux travailler en classe. Donc, plus je travaillais mal, plus j'avais des cadeaux incroyables, notamment une moto. Grâce à celle-ci, j'ai commencé à faire de la compétition en amateur, et cette moto a eu le mérite de me faire découvrir rapidement les joies du podium. En moto, j'ai fait du trial, de l'enduro, de la vitesse aussi, en 50 cm3. A l'époque, les sports mécaniques étaient une vraie école, dans le sens où on ne passait dans la catégorie supérieure que si on avait été reçu dans la précédente."
Jacky Ickx ne perd pas de temps à grimper les échelons. Après avoir été notamment champion d'Europe de Trial 50 cm3, il passe sur quatre roues au mitan des années 1960. En 1966, alors qu'il court en Formule 2, il découvre les 24 Heures du Mans.
"En 1966, j'avais 21 ans. J'avais fait deux courses aux Etats-Unis, où j'ai rencontré un personnage qui s'appelait Skip Scott. Il faisait rouler des Ford GT40 aux 24 Heures du Mans et m'a engagé dans son équipe Essex Wire. Je courais beaucoup car à cette époque, tout le monde pouvait piloter ce qu'il voulait dans la catégorie qu'il voulait."
Mais en 1966, les deux Ford GT40 engagées sous la bannière de Essex Wire Corporation sont contraintes à l'abandon. Quatorzièmes sur la grille de départ, Jacky Ickx et son coéquipier allemand Jochen Neerpasch renoncent à la onzième heure sur un problème moteur, tout comme celle de Skip Scott et Peter Revson quatre heures plus tard.
Ainsi commence l'histoire qui va unir pendant près de deux décennies le champion belge et la Sarthe. Une saga jalonnée de nombreux exploits... à découvrir dans les prochains épisodes.
Photo (Archives ACO) : C'est avec cette Ford GT40 que Jacky Ickx a disputé ses premières 24 Heures du Mans, en 1966.