La grande histoire des 24 Heures du Mans - Ford et ses pilotes Belges
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La grande histoire des 24 Heures du Mans - Ford et ses pilotes Belges

Le retour de Ford au Mans cette ann

En 1966, les deux pilotes belges Lucien Bianchi et Jacky Ickx sont pour la première fois au volant d'une Ford aux 24 Heures du Mans. Le premier dispute ses onzièmes 24 Heures. Il est pilote d'usine sur une Mk II partagée avec l'Américain Mario Andretti. Associé à l'Allemand Jochen Neerpasch, le second découvre Le Mans au volant d'une GT 40 engagée par l'équipe Essex Wire Corporation (du nom d'une société de câblage électrique dont le plus gros client de l'époque était... Ford !). Hélas ils sont tous deux contraints à l'abandon. L'équipage Bianchi-Andretti est reconduit en 1967, mais la course s'achève sur un nouvel abandon.

En 1968, Jacky Ickx et Lucien Bianchi ont bien failli être coéquipiers aux 24 Heures du Mans. Partenaire de Ickx sur une Ford GT 40 de l'équipe Gulf, le Britannique Brian Redman est en effet sérieusement blessé lors du Grand Prix de Belgique de Formule 1, et remplacé par Bianchi. Le duo belge fonctionne à merveille, avec une victoire aux Etats-Unis lors des 6 Heures de Watkins Glen. Mais à quelques jours des 24 Heures du Mans, Ickx se blesse à son tour au Grand Prix du Canada. Bianchi accueille alors un nouvel équipier en la personne du Mexicain Pedro Rodriguez... avec qui il remporte la course !

 

 

L'année suivante, Lucien Bianchi n'est hélas plus là. Parti chez Alfa Romeo, il s'est tué le 30 mars 1969, lors des essais préliminaires de la 37e édition des 24 Heures du Mans.

En 1968 et 1969, Jacky Ickx et un troisième Belge, Willy Mairesse, vont changer à jamais le visage des 24 Heures du Mans... Et plus précisément le règlement du départ de la course.

En 1968, Willy Mairesse est au volant d'une Ford GT40 engagée par son compatriote et gentleman-driver Jean Blaton. Ce dernier, qui courait sous le pseudonyme de "Beurlys", fut de 1958 à 1978 un grand animateur des 24 Heures, avec cinq podiums. Ensemble, "Beurlys" et Willy Mairesse avaient terminé troisièmes en 1967, au volant d'une Ferrari P4.

Le 29 septembre 1968, après avoir couru vers sa Ford GT 40 n°8, Willy Mairesse s'élance... mais sa portière, mal refermée dans la frénésie du départ, s'envole dès le premier tour et le pilote belge sort violemment de la piste. Il en réchappe après un long coma, dont les séquelles l'empêcheront de repiloter en course.

En 1969, Jacky Ickx s'insurge à sa manière contre le départ en épi, qui a mis fin à la carrière de son compatriote et qu'il juge dangereux. Le 14 juin, c'est en marchant qu'il traverse la piste de la ligne droite des stands pour prendre le volant de sa Ford GT 40 n°6 ! Parti bon dernier, il se lance avec son équipier Jackie Oliver dans une remontée spectaculaire qui les ramène en troisième position le dimanche matin. La suite appartient à la légende : après l'abandon de la Porsche 917 de tête à trois heures de l'arrivée, Ickx arrache dans le dernier tour la victoire face à une autre Porsche, la 908 de Gérard Larrousse-Hans Herrmann.



Le 2 septembre 1969, Willy Mairesse, qui ne s'est jamais totalement remis de son accident de 1968, met fin à ses jours. L'année 1970 voit le dernier départ en épi de l'histoire des 24 Heures : mais le pilote ne court plus vers sa voiture (on peut revoir ce départ dans le film "Le Mans", produit et interprété par Steve McQueen). En 1971, le départ lancé tel que nous le connaissons aujourd'hui a été adopté.

Jean-Philippe Doret / ACO