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24 Heures du Mans – Une 88e édition inédite à enjeux multiples

Bientôt centenaire, la classique mancelle promet pourtant encore bien du suspense, en 2020.

Prévue initialement les 13 et 14 juin, la 88e édition est rapidement reportée, aux 19 et 20 septembre, en raison de la crise sanitaire internationale. Ce n’est pas la première fois de sonn histoire que l’épreuve sarthoise ne se déroule pas en juin, comme de coutume.

En 1923, par exemple, pour la 1re édition, elle se déroule fin mai. En 1956, les 28 et 29 juillet, pour cause de travaux. En 1968, les 28 et 29 septembre, suite aux événements de mai 68. En 2020, les concurrents s’élanceront le 19 septembre à 14 h 30 pour 24 heures de compétition dont 11 h 46 de nuit, soit presque la moitié du temps de course et 3h40 de plus de nuit qu’à la mi-juin. Tout le plateau va devoir composer avec une météo, des températures, une visibilité, une concentration différente, liées entre autres à ce paramètre nocturne. Pneumatiques, réglages moteur, confort du cockpit, essuie-glaces, phares…seront d’autant plus essentiels.

Dans chaque catégorie, cette avant dernière manche du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA (l’épreuve de Bahrein terminera cet exercice) s’annonce disputée et pleine de symboles.

En LMP1, le success handicap ne sera pas appliqué, contrairement au reste de la saison. Les incertitudes, nombreuses, restent liées à la nature elle-même de l’épreuve : la course la plus extrême. La faille technique peut toujours arriver. Si Toyota, qui reste sur deux succès consécutifs, vise la passe de trois avec sa Toyota TS050-Hybrid, pour garder le grand trophée, elle devra maitriser les 2 Rebellion. Sur ce plan, numérique, il y a égalité entre les équipes japonaise et suisse. Alors que Toyota voudra clore l’exercice de son proto hybride par un succès pour sa dernière venue en Sarthe (en 2021, Toyota engagera une Le Mans Hypercar, la nouvelle catégorie reine), Rebellion souhaitera terminer son aventure endurance en beauté, avec une victoire au Mans. La structure suisse a gagné en maturité, elle compte deux victoires cette saison et pourrait profiter de la lutte fraternelle chez Toyota, entre la #7 et la #8. Pour By Kolles, rejoindre l’arrivée sera l’objectif premier.

Un équipage 100% féminin

En LMP2, la compétition est toujours aussi intense. C’est la catégorie où le nombre de prétendants à la victoire est le plus élevé. Les équipes ont des niveaux équivalents et profitent de nombreux pilotes de premier plan. Signatech Alpine Elf visera certes la passe de 3 au Mans mais cherchera aussi sa première victoire d'une saison marquée actuellement par la domination de United Autosports, qui reste sur 3 victoires en 2019-2020. Jota, Team Nederland, Cool Racing, avec une victoire chacune et Jackie Chan DC Racing avec 4 podiums cette saison se mêleront aussi à la bagarre, sans oublier l’Aurus de G-Drive qui voudra oublier la frustration des deux dernières éditions mancelles. A noter l’engagement d’un équipage 100% féminin dans cette catégorie proto avec le trio de Richard Mille Team Racing, aidé par la structure de Philippe Sinault.

En LMGTE PRO, une évidence presque, tous les protagonistes devraient passer 24 Heures à se battre à coups de secondes. Le match entre Porsche, Ferrari et Aston Martin sera très serré, comme de coutume dans cette catégorie. Ferrari, le tenant du titre, a l’avantage du nombre, avec 4 machines contre 2 pour Porsche et pour Aston Martin, actuel leader du championnat. Les équipages ont fière allure. On notera le trio 100 % français sur la Risi Competizione, avec Bourdais/Pla/Gounon.

Le LMGTE AM, la catégorie la plus fournie avec le LMP2, présente elle aussi un match à 3 entre Porsche, Ferrari et Aston Martin. Bien sûr, Team Project 1 (Porsche) voudra conserver son titre, mais AF Corse (Ferrari), TF Sport (Aston Martin), Dempsey Proton Racing (Porsche), AMR (Aston Martin), ne s’en laisseront pas compter. A surveiller l’équipage Collard/Perrodo/N Nielsen (Ferrari AF Corse), vainqueur à Spa et leader du championnat, qui pourrait accrocher les 24 Heures à son palmarès. Un trio féminin est aussi engagé, comme l’an dernier par Iron Lynx qui se présente avec trois machines.

Même privés de spectateurs et de leurs encouragements, tous les concurrents de cette 88eme édition ont, sur le papier, de nombreux arguments à défendre sur la piste ces 19 et 20 septembre 2020. Sans ferveur populaire, la course n’en sera pas moins extrêmement disputée. Ambiance garantie en piste.