Eddie Cheever : "Etre aux 24 Heures du Mans, c'était magique"
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Eddie Cheever : "Etre aux 24 Heures du Mans, c'était magique"

Eddie Cheever, l’un des pilotes phare des années 80, a disputé 143 Grands Prix de Formule 1 entre 1978 et 1989 et a surtout remporté les 500 Miles d’Indianapolis en 1998. L'Américain a également disputé trois fois les 24 Heures du Mans et revient sur ses moments passés en terre sarthoise...

Sa première participation aux 24 Heures du Mans : « Cela remonte à 1981. J’étais alors dans l’équipe Lancia Martini Racing. J’ai eu de supers coéquipiers comme Michele Alboreto et Riccardo Patrese cette année-là. Il s’agissait de ma première course longue. C’était très excitant d’être aux 24 Heures du Mans, mais je n’étais pas très heureux car je n’avais pas une voiture rapide. Cependant, être là, au Mans, c’était magique. Il y a vraiment trois courses très importantes au monde : les 24 Heures du Mans, le Grand Prix F1 de Monaco et les 500 Miles d’Indianapolis. J’y ajouterais Daytona 500 en NASCAR. »

Ses deux saisons chez Jaguar avec les XJR-6 et XJR-8 : « C’était une voiture phénoménale ! La première année, en 1986, nous avons eu des soucis lors d’une crevaison de Jean-Louis Schlesser dans la ligne droite des Hunaudières. La seconde année (1987), nous sommes revenus et la course était dans notre poche. Il nous restait juste quelques heures à tenir et, malheureusement, une pièce de la boîte de vitesses a cassé. Perdre cette course a été l’un des pires moments de ma carrière ! »

Son coéquipier préféré : « Je dirais, sans hésiter, Derek Warwick (vainqueur des 24 Heures du Mans 1992 avec une Peugeot 905, ndlr). Avec lui,  tout était simple. Je faisais un relais de trois heures, il faisait un relais de trois heures. Je le connaissais bien car il avait aussi été mon coéquipier en Formule 1 (chez Arrows, ndlr). Une seule chose nous différenciait : j’aime les femmes blondes, lui les brunes, cela nous a épargné pas mal de problèmes (rires). »

Son intérêt pour Le Mans : « A mon époque, il n’y avait pas de chicane, la ligne droite des Hunaudières était vraiment longue. A chaque fois, ou presque, que j’y suis allé, un pilote est mort, c’est pourquoi j’ai beaucoup de respect pour cette course, mais aussi pour ses acteurs. Je leur tire mon chapeau, je dois bien l’avouer, en particulier pour ces pilotes qui ont beaucoup de participations. Je suis toujours la course des 24 Heures du Mans, tous les ans, je les regarde tout comme les 24 Heures de Daytona. Je suis toujours autant passionné et fasciné par les pilotes et les équipes. Le souci est que j’aimerais voir plus d’équipes être en mesure de l’emporter et non juste Audi ou Porsche. Tout ceci est un peu dicté par l’argent également. Débourser 200 millions de dollars pour une seule course, c’est beaucoup trop, c’est un peu le serpent qui se mort la queue. »

La course automobile en Europe par rapport aux Etats-Unis : « Tout est différent. Dans les années 1980, un Européen n’aurait jamais pensé venir courir outre-Atlantique. On aurait alors dit qu’il était dingue. Quand je suis revenu aux Etats-Unis en provenance de la Formule 1, je me suis dit : "Ils sont tous fous ici, qu'est-ce que je fais là ?" Il faut le vivre pour le comprendre. Les USA, c’est le temple de la vitesse. Vous avez des pilotes comme Juan Pablo Montoya, arrivé de la F1, qui s’est très vite adapté. De plus, sur certains circuits comme Indianapolis, si vous faites la moindre erreur, vous êtes dans le pétrin. Il y a un facteur humain que l’on ne retrouve pas en F1.»

Désormais, Eddie Cheever commente l'IndyCar Series et les 500 Miles d'Indianapolis sur la chaîne TV américaine ABC en compagnie de Scott Goodyear, qui a disputé Indy 500 à trois reprises et les 24 Heures du Mans en 1987 et 1996 (terminant 2e cette année-là dans une Porsche 911 GT1). 

Palmarès d'Eddie Cheever aux 24 Heures du Mans :

1981: Lancia Beta Monte Carlo Martini Racing, avec Michele Alboreto et Carlo Facetti, 8e

1986: Jaguar XJR-6 Silk Cut Jaguar TWR, avec Jean-Louis Schlesser et Derek Warwick, abandon (crevaison puis souci de suspension)

1987: Jaguar XJR-8 Silk Cut Jaguar TWR, avec Raul Boesel et Jan Lammers, 5e

Photo : Eddie Cheever lors de sa première participation en 1981 avec la Lancia Beta Monte Carlo n°65