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Ils font les 24 Heures du Mans – Portrait de Mark Patterson pilote de High Class Racing

La 88e édition des 24 Heures du Mans réunira en piste des pilotes de tous horizons. Qu’ils soient pilots amateurs ou patrons d’équipes, tous ont gravi les paliers de la pyramide de l’endurance avec l’ambition de s’aligner sur la classique mancelle. Coup de projecteur sur Mark Patterson, pilote High Class Racing.

Equipe : High Class Racing

Catégorie : LMP2

Voiture & pilotes

  • Oreca 07-Gibson #33, pilotée par Kenta Yamashita, Mark Patterson et Anders Fjordbach

Son histoire

Natif d’Afrique du Sud puis installé aux Etats-Unis, Mark Patterson débute son parcours de gentleman-driver à l’aube de la cinquantaine, alors qu’il évolue dans la finance : « A la fin des années 1990, j’étais cadre supérieur au Crédit Suisse. Des jeunes ont dit qu’ils fuiraient le temps hivernal de New York en allant à Laguna Seca (Californie) fin janvier pour trois jours à l’école de pilotage de Skip Barber. Ils m’ont dit que j’étais assez fou pour tenter ça, alors j’y suis allé aussi. La course automobile, c’est comme le kayak, la boxe ou le ski, vous savez en quelques minutes si c’est fait pour vous. J’ai aimé tous ces sports et j’ai tout de suite adoré le sport automobile. J’ai progressé dans des championnats régionaux et nationaux de formules de promotion, puis en Pro Mazda Series, en Ferrari Challenge et enfin en Grand Am (série d’endurance américaine aujourd’hui rebaptisée IMSA, ndlr) dans un Daytona Prototype. A chaque nouvelle étape, les voitures augmentaient en puissance au fur et à mesure que je prenais de l’âge. Après avoir couru au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique, la course au niveau international a attiré mon attention : les 12 Heures de Bathurst en Australie, le premier Grand Prix de F1 à Shanghai (j’y ai disputé une course de support en Formule BMW), Dubaï, l’Angleterre, la France, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas… Tous ces pays sont devenus incontournables. Après avoir couru en championnat GT britannique et en Blancpain en Europe, j’ai été littéralement aimanté par le pouvoir irrésistible du Mans. J’ai couru sur 70 circuits dans le monde entier en Amérique du Nord, en Europe, en Asie, en Afrique, en Australie et au Moyen-Orient. Du million de pilotes de course (qui connaît le chiffre exact ?) dans le monde, tous rêvent de courir au Mans, le sanctuaire ultime du sport automobile. Jusqu’à maintenant, j’ai disputé les 24 Heures à six reprises en LMP2 et en LMGTE, réalisant ainsi le rêve ultime du pilote. Chaque voyage au Mans est un trésor de souvenirs et vous propulse dans quelques-unes des expériences d’athlète les plus compétitives au monde. »

Ses réalisations

En six participations aux 24 Heures du Mans, Mark Patterson a connu deux générations de prototypes LMP2 et des GT à moteur arrière (Ferrari 458 Italia) ou avant (Corvette). Il a connu son meilleur résultat en LMP2 avec l’équipe Murphy Prototypes, avec une cinquième place partagée en 2015 avec Karun Chandhok et Nathanaël Berthon. Il compte également deux autres top 10 de catégorie : septième en LMP2 dès son premier départ en 2013, déjà avec Murphy Prototypes, et neuvième en 2016 en LMGTE Am sur la Corvette de l’équipe taïwanaise Team AAI. Mark Patterson n’a abandonné qu’une seule fois : en 2018, son dernier départ en date, au volant d’une Ligier JS P217 de l’équipe Algarve Pro Racing. Ses meilleurs souvenirs des 24 Heures ? « C’est très difficile de répondre à cette question parce que c’est un grand huit qui génère chaque année de magnifiques souvenirs des mécaniciens, des ingénieurs, des pilotes, de la parade en ville, des organisateurs et bien sûr des résultats. Comme la première de mes neuf participations aux 24 Heures de Daytona, mes premières 24 Heures du Mans restent fortement présentes dans mon esprit, mais je dirais que l’année où j’ai eu l’occasion de rouler avec deux remarquables pilotes de réputation en Formule 1, Brendon Hartley et Karun Chandhok (en 2013, ndlr), est tout aussi remarquable. Il ne s'agit pas seulement de conduire avec des pilotes rapides et compétents, leur patience, soutien et leurs conseils sont inestimbables. On m’a dit que nos prototypes LMP2 tournent aujourd’hui plus vite que les LMP1 d’Audi et Porsche il y a près de dix ans, pilotés par des gens comme Kristensen ou McNish, qui ont gagné au général. C’est on ne peut plus parlant. Alors, avoir la chance de piloter une voiture très puissante, c’est exaltant. »

Ses ambitions

Pour sa septième participation sarthoise, Mark Patterson sera pour la cinquième fois au volant d’un prototype LMP2. Après Murphy Prototypes (en 2013 et 2015) et Algarve Pro Racing (en 2017 et 2018), il évoluera au sein de l’écurie danoise High Class Racing, associé à Anders Fjordbach et Kenta Yamashita, jeune talent nippon protégé de Toyota. A la veille des 24 Heures du Mans, ils ont toujours figuré dans le top 10 de la catégorie LMP2 en Championnat du Monde d’Endurance, avec comme meilleur résultat une quatrième place aux 6 Heures de Fuji pour ce trio constitué d’un pilote catégorisé Or, d’un Argent et d’un Bronze. « J’ai étudié les équipages des 24 engagés LMP2. Sur les 72 de la catégorie, il y a seulement 11 pilotes Bronze et la moitié du plateau ne comprend aucun pilote Bronze dans ses équipages, analyse Mark Patterson. Mais quiconque ayant disputé les légendaires et fameuses 24 Heures du Mans le sait bien : tous les engagés ne terminent pas la course, ou terminent sans problème et sans un passage par les stands qui coûte un temps précieux. Alors, Yamashita-san, Anders et moi-même espérons tout d’abord aller au bout de cette grande aventure des 24 Heures. Mais au fond de nous, nous visons bel et bien une place dans le top 10 – et tant pis pour les prévisions liées aux statistiques ! »

PHOTO : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS, SEANCE DE DEDICACE DES PILOTES, 12 JUIN 2018. Gentleman-driver sexagénaire, Mark Patterson jouit également grâce à son coup de crayon d'une belle cote de popularité lors des séances de dédicaces... en dessinant des portraits de fans !