Le centenaire des 24 Heures du Mans au rendez-vous du Concours d'Elégance de Chantilly
Retour

Le centenaire des 24 Heures du Mans au rendez-vous du Concours d'Elégance de Chantilly

Après le Concours d’Elégance de Pebble Beach et le Monterey Historic Meeting (Californie), où il a été dévoilé en août dernier, puis le Goodwood Revival (Grande-Bretagne) le trophée du Centenaire a fait halte à Chantilly Arts et Elégance. Devenu depuis sa création en 2014 l’un des Concours d’Elégance internationaux majeurs de l’automobile de collection, il a réservé cette année deux catégories et plusieurs prix au Centenaire des 24 Heures du Mans. En voici dix histoires en images.

Le trophée du Centenaire des 24 Heures du Mans (ci-dessus), qui sera remis aux vainqueurs de l’édition 2023, a figuré en bonne place tout au long de cette édition de Chantilly Arts & Elégance, que ce soit en exposition sur les pelouses du château avec les voitures des 24 Heures (pour le plus grand plaisir des visiteurs venus se prendre en photo à ses côtés) ou sur le podium de remise des prix.

Cinq voitures des 24 Heures du Mans sur la pelouse du château de Chantilly, avec au premier plan la CD Panhard LM 64 et son aérodynamique caractéristique. Sous cette carrosserie aux roues carénées et hautes dérives arrière se cache un moteur bicylindre de seulement 848 cm3… mais ses pilotes Alain Bertaut et André Guilhaudin ont atteint une vitesse de pointe de 225 km/h dans la ligne droite des Hunaudières ! La CD Panhard M64 a reçu le prix spécial de la catégorie « La Légende des 24 Heures du Mans : La course à l’indice de performance », avec un échange amical de lauréats avec le Président de l’ACO Pierre Fillon.

C’est également un moteur bicylindre Panhard qui anime la Monopole X86 (n°23), construite par le fournisseur de pistons de la marque française. Sa silhouette se distingue notamment par ses formes plongeantes, ses grands espaces vitrés et surtout ses portes papillon. Après un abandon en 1956, elle termine 18e en 1957 (avec Pierre Chancel/Pierre Hemard) et 17e en 1958 (avec Jacques Poch/Guy Dunaud-Saultier).

La Monopole X86 a remporté à Chantilly Arts & Elégance 2022 le 1er Prix de la catégorie de la catégorie « La Légende des 24 Heures du Mans : La course à l’indice de performance ». Cet indice, qui a fait le bonheur des petites cylindrées dans les années 1950 et 60, était calculé en fonction du rapport entre la cylindrée d'une voiture et sa distance parcourue en course. Les lauréats ont reçu leur prix des mains du Président de l’ACO Pierre Fillon (de dos à côté du trophée du Centenaire).

Ferrari ne pouvait manquer ce rendez-vous de Chantilly Arts & Elégance avec les 24 Heures. Cette 512 M de 1971 était engagée par Roger Penske. Avec son pilote ingénieur fétiche Mark Donohue, il réalise des modifications spécifiques, notamment un aileron arrière couvrant toute la largeur de la voiture. Donohue et son coéquipier britannique David Hobbs sont contraints à l’abandon, non sans avoir signé en qualifications le tour le plus rapide d’une Ferrari aux 24 Heures, en 3’18’’5 (244,274 km/h de moyenne). Cette 512 M a remporté à Chantilly Arts & Elégance 2022 le 1er Prix de la catégorie « La légende des 24 Heures du Mans : vitesse et aérodynamique dans les Hunaudières ». Après plus d'un demi-siècle d'absence, Roger Penske sera de retour dans la Sarthe pour l'édition du Centenaire, en tant que partenaire de l'arrivée de Porsche en catégorie Hypercar.

 

Au tout début des années 1980, la Lola T600 a marqué une évolution aérodynamique majeure dans l’histoire des 24 Heures du Mans, en tant que premier prototype à effet de sol. L’air s’engouffre dans des tunnels de chaque côté du cockpit, créant une dépression qui augmente l’appui tout en favorisant la vitesse de pointe. En 1980, la première saison de la T600 dans le championnat d’endurance américain IMSA s’est achevée sur un titre du Britannique Brian Redman. L’exemplaire présenté à Chantilly Arts & Elégance 2022 a disputé les 24 Heures 1981, propulsé par un V8 Ford-Cosworth dérivé de la Formule 1 et piloté par Guy Edwards, Juan Fernandez et Emilio de Villota, avec à l’arrivée la quinzième place du général.

Il y a trente ans, le 21 juin 1992, la 905 signait la première des trois victoires de Peugeot aux 24 Heures du Mans. Cette année-là, l’exemplaire présenté à Chantilly s’était élancé depuis la pole position et avait terminé troisième aux mains de Mauro Baldi, Jean-Pierre Jabouille et Philippe Alliot, tandis que celui de Mark Blundell, Yannick Dalmas et Derek Warwick avait remporté la course. En 1993, les trois 905 engagées signent un triplé, avec dans l’ordre les vainqueurs Christophe Bouchut/Geoff Brabham/Eric Helary, Thierry Boutsen/Yannick Dalmas/Teo Fabi et Philippe Alliot/Mauro Baldi/Jean-Pierre Jabouille. En 2009, la 908 HDi FAP signe la troisième et dernière victoire sarthoise en date de Peugeot, avec au volant David Brabham, Marc Gené et Alexander Wurz.

En 1994, cette Bugatti a marqué le retour aux 24 Heures du Mans de la marque victorieuse en 1937 et 1939. Le matricule EB110 de ce modèle présenté en 1991 faisait référence à la commémoration du 110e anniversaire du fondateur Ettore Bugatti, né le 15 septembre 1881. Engagée par le patron de presse français Michel Hommell, cette EB110 S était pilotée par Eric Helary, Jean-Christophe Boullion et Alain Cudini. Elle atteint dans la nuit la sixième place du classement général avant un problème de turbo, puis un abandon à 45 minutes de l’arrivée. Elle remporte à Chantilly Arts & Elégance 2022 le 1er Prix de la catégorie « Bugatti renaissance ».

Directeur Général de l’ACO, Stéphane Darracq était également membre du jury de Chantilly Arts & Elégance 2022, tout comme Pierre Fillon et Fabrice Bourrigaud, Directeur du Musée des 24 Heures.

Les lauréats des deux catégories du Concours liées aux 24 Heures ont reçu un trophée commémoratif du centenaire conçu pour l’occasion (au premier plan) et celui de Chantilly Arts & Elégance.

PHOTOS : LOUIS MONNIER / ACO