Pourquoi la Toyota n’a-t-elle pas été classée à l’issue des 24 Heures du Mans 2016 ?
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Pourquoi la Toyota n’a-t-elle pas été classée à l’issue des 24 Heures du Mans 2016 ?

Pour les spectateurs présents sur le circuit, ainsi que pour les téléspectateurs assis devant leur petit écran, la Toyota qui était en tête avant de tomber en panne à l’entame du dernier tour de la 84e édition des 24 Heures du Mans a bien franchi la ligne d’arrivée. Pourtant, elle n’a pas été classée. Pourquoi ? Réponse avec Vincent Beaumesnil, Directeur des Sports de l'Automobile Club de l’Ouest.

Les neuf épreuves au calendrier du Championnat du Monde d'Endurance (WEC), dont les 24 Heures du Mans, sont régies par un règlement sportif, notamment en ce qui concerne les conditions de classement des voitures. L’article 10.15.2 de ce règlement stipule que pour être classée, une voiture doit :

  • franchir la ligne d’arrivée sur la piste lorsque le drapeau à damier est présenté, sauf cas de force majeure à l’appréciation des Commissaires Sportifs ;
  • avoir couvert une distance au moins égale à 70% de la distance couverte par la voiture classée 1ère au classement général.

La Toyota TS050 Hybrid n°5 a bien franchi la ligne d’arrivée et effectivement parcouru plus de 70 % de la distance parcourue par la Porsche 919 n°2 victorieuse puisqu’elle a bouclé le même nombre de tours que le prototype allemand.

Toutefois, aux 24 Heures du Mans, les concurrents sont aussi soumis à un règlement spécifique qui ajoute deux conditions supplémentaires pour qu’une voiture apparaisse dans le classement final, sachant que la première ne posait pas problème dans le cas de la Toyota :

  • après 75 % du temps de course : avoir parcouru au moins 50 % de la distance couverte par la voiture en tête de la course sous peine de mise hors course ;
  • parcourir son dernier tour en moins de 6 minutes (ligne de départ/arrivée-ligne de départ/arrivée ou boucle de sortie des stands-ligne de départ/arrivée), sauf en cas de force majeure à l’appréciation des Commissaires Sportifs.

Pourquoi cette dernière règle a-t-elle été instaurée dans les années 2000 ? "Pour des raisons de sécurité, explique Vincent Beaumesnil. Vers la fin de la course, certaines voitures ayant parcouru une distance suffisante ressortaient des stands et s’arrêtaient en bord de piste en attendant le drapeau à damier afin de figurer au classement final. Ces autos représentaient un danger pour les autres concurrents en piste et pouvaient mettre en danger la vie des pilotes. L’ACO a donc décidé de fixer une limite qui permet à une voiture d’effectuer un tour lentement, mais pas de s’arrêter."

La règle des 6 minutes a été fatale à la Toyota, qui, bien qu’ayant franchi la ligne d’arrivée en deuxième position, a bouclé son dernier tour en 11’53"815, soit presque le double du temps imparti.

Reste le cas de force majeure prévu dans le règlement. "Un cas de force majeure est un événement extérieur hors du contrôle du concurrent comme une averse de grêle ou un animal surgissant sur la piste, précise encore Vincent Beaumesnil. Le collège des commissaires sportifs ne pouvait donc pas considérer la panne de la Toyota comme un cas de force majeure car elle est imputable à l’écurie."

L’absence de la Toyota n°5 au classement a profité à la voiture sœur n°6 de Stéphane Sarrazin, Mike Conway et Kamui Kobayashi, qui sont ainsi passé de la troisième à la deuxième place au classement général.

Photo : La Toyota TS050 Hybrid n°5 de Kazuki Nakajima à l'arrêt dans la ligne droite des stands à l'entame du dernier tour des 24 Heures du Mans 2016.

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