Stoffel Vandoorne : « La victoire aux 24 Heures du Mans est un de mes objectifs »
Retour

Stoffel Vandoorne : « La victoire aux 24 Heures du Mans est un de mes objectifs »

Deux ans après des débuts prometteurs salués par deux podiums, Stoffel Vandoorne retrouve les 24 Heures du Mans et le Championnat du Monde d’Endurance FIA. Les 21 et 22 août prochains, il sera dans la Sarthe l’un des favoris de la catégorie LMP2 au sein de l’écurie britannique JOTA, et contribue parallèlement au développement du prototype à hydrogène de Mission H24. Portrait en trois chapitres, entre souvenirs de ses premières 24 Heures, patrimoine belge au Mans et technologies de l’avenir.

Stoffel Vandoorne n’oubliera sans doute pas de sitôt son premier week-end en endurance, disputé en catégorie LMP1 sur le prototype BR Engineering BR1 de l’écurie russe SMP Racing. Le 4 mai 2019, le circuit de Spa-Francorchamps et sa région se réveillent sous cinq centimètres de neige. « On a eu les quatre saisons en une seule journée, c’était probablement la course la plus folle de toute ma carrière », se souvient le Belge de 29 ans. Et après six heures de compétition sous la pluie, la grêle et les éclaircies, Stoffel Vandoorne termine troisième, associé à Mikhail Aleshin et Vitaly Petrov. Un mois et demi plus tard, ce trio signe un résultat identique aux 24 Heures du Mans.

2019 : des Ardennes belges à la Sarthe - Stoffel Vandoorne aura finalement eu la chance de débuter en endurance sur deux des plus légendaires – et aussi des plus exigeants – circuits du monde. Après la course dantesque de Spa-Francorchamps, c’est la découverte éblouie des 24 Heures du Mans : « Spa-Francorchamps était spécial parce que je courais à domicile et c’était la première fois que je pilotais la voiture mais Le Mans, c’était vraiment différent. Je ne me rendais pas forcément compte à quel point cette course est énorme, avec autant de gens, autant de spectateurs, autant de fans, et aussi la manière dont les choses se développent pendant la semaine, car on passe près de dix jours là-bas avant la course proprement dite. C’était incroyable. C’est l’une des courses les plus éprouvantes que j’aie jamais faites, mais aussi l’une des plus gratifiantes. J’ai vraiment apprécié ce défi : rouler dans le trafic, rouler de nuit, gérer des conditions météo différentes, la stratégie de course... Avoir pu terminer sur le podium derrière les deux Toyota pour ma première participation, c’est probablement ce que je pouvais viser de mieux. J’en étais extrêmement heureux et j’ai vraiment hâte d’y retourner. »

Les 24 Heures du Mans, une grande histoire belge - Grâce à Olivier Gendebien puis Jacky Ickx, la Belgique a détenu de 1962 à 2005 le record de victoires aux 24 Heures du Mans. Sur les quatre dernières éditions, ce palmarès s’est enrichi de trois succès de catégorie grâce aux frères Dries et Laurens Vanthoor (respectivement en 2017 et 2018), puis à Maxime Martin en 2020. Dernier citoyen belge à avoir signé un podium sarthois au général, Stoffel Vandoorne n’entend pas en rester là, sur les traces du sextuple vainqueur Jacky Ickx : « Je connais bien Jacky, c’est l’un des personnages essentiels des 24 Heures et de la manière dont celles-ci ont évolué. Il est pour moi une grande source d’inspiration, il a couru en Formule 1 et dans de nombreuses disciplines du sport automobile, il a gagné en F1 et au Mans. Me battre pour la victoire au Mans est aussi un de mes objectifs parce que ce sera une ligne impressionnante à mon palmarès. »

Du thermique à l’hydrogène : Stoffel Vandoorne ou l’éclectisme technologique - Ces dernières années, Stoffel Vandoorne a connu l’hybride en Formule 1, le moteur thermique en endurance, la chaîne de traction électrique en Formule E… Et à ce très large éventail s’ajoute aujourd’hui l’hydrogène avec Mission H24, dont il est l’un des pilotes de développement : « Je suis extrêmement heureux de prendre part au développement du prototype de Mission H24. C’est très futuriste, mais mon expérience et ma contribution en Formule E m’aident beaucoup à développer la voiture à hydrogène de l’ACO, car la technologie que nous utilisons en Formule E est assez similaire, et il y a beaucoup de choses à transposer pour la performance d’une voiture à hydrogène. C’est important de participer à ces premiers développements. Quelle que puisse être la direction prise dans les quelques années à venir, disons que l’on pourrait disposer d’un avantage pour avoir travaillé sur ce développement.  C’est un projet passionnant, beaucoup de constructeurs s’y intéressent et il semble que ce sera l’un des éléments majeurs de l’avenir du sport automobile. »

PHOTOS – EN HAUT (JONATHAN BICHE / ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS, 2019 - Stoffel Vandoorne avait achevé les qualifications de cette 87e édition des 24 Heures en cinquième position. AU CENTRE : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS, 2019 - Troisième à l'arrivée, Stoffel Vandoorne (à droite) a retrouvé sur le podium Fernando Alonso, son ancien coéquipier chez McLaren en Formule 1 en 2017 et 2018. CI-DESSUS (THIERRY GROMIK / MISSION H24) : CIRCUIT DE LURCY LEVIS (ALLIER, FRANCE) - Le prototype à hydrogène de Mission H24, dont Stoffel Vandoorne assure le développement en compagnie du Français Norman Nato et du Monégasque Stéphane Richelmi.