24 Heures du Mans – Un circuit à couper le souffle des pilotes
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24 Heures du Mans – Un circuit à couper le souffle des pilotes

Concentration ou crispation, G encaissés, effort physique : les causes d’apnée chez les pilotes sont multiples. Vincent Capillaire, pilote de l’Oreca 07-Gibson #39 de SO24-DIROB by Graff et Frederic Makowiecki, pilote de la Porsche 911 RSR-19 #91 de Porsche GT Team partagent leur expérience.

Sur un tour de circuit des 24 Heures du Mans chronométré en 3’30 - 3’40, on estime qu’un pilote passe 40 à 45 secondes cumulées en apnée. Les phases d’apnée sont fonction des aléas du trafic et varient également selon les portions du circuit. Les S Porsche, les gros freinages et le virage d’Indianapolis coupent la respiration. « Dans le gain de performance, nous cherchons à être le plus précis possible alors, comme un tireur sportif va bloquer sa respiration avant de tirer, nous le faisons inconsciemment pour résister aux forces latérales », explique Vincent Capillaire, pilote de l’Oreca 07-Gibson #39 de SO24-DIROB by Graff. « Ça dépend également si nous sommes en bagarre avec une autre voiture ou si nous faisons la course seul », souligne Frederic Makowiecki, pilote de la Porsche 911 RSR-19 #91 de Porsche GT Team.

Réagissant à ce manque d’oxygénation, le cœur des pilotes s’emballe. « Indirectement, ça peut jouer sur la lucidité. Nous sommes crispés et nous récupérons moins facilement », fait remarquer Vincent Capillaire. De ce fait, pour être endurants, les pilotes doivent être capables de se relâcher. Dans ce cas, la respiration est une alliée. « Ça permet de prendre du recul quand on pilote et ça facilite l’enchaînement des relais », ajoute le pilote Porsche.

La fatigue et le stress sont des facteurs aggravants. À l’inverse, « une voiture performante et facile à conduire est propice à la décontraction », souligne Frédéric Makowiecki. De même qu’une bonne préparation physique.

Et dans la vie en général qu’est-ce qui peut couper le souffle de ces athlètes du bitume habitués à contrôler leur respiration dans des conditions extrêmes ? « Voir mon fils et craindre pour lui », reconnaît Frederic Makowiecki. « Ma femme lorsqu’elle se fait belle », sourit Vincent Capillaire.