24 Heures Stories : Dominik Farnbacher, le système D en version allemande
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24 Heures Stories : Dominik Farnbacher, le système D en version allemande

Au fil de ce mois de décembre, voici un calendrier de l’avent très spécial, dédié à des histoires et anecdotes insolites de la légende des 24 Heures du Mans. Pour ce 22 décembre, retour sur l’édition 2006, où le pilote allemand Dominik Farnbacher a sauvé un podium par une réparation de fortune en bord de piste.

Farnbacher est un nom de haute réputation dans le monde des compétitions GT, qu’il s’agisse de Horst, propriétaire de l’écurie qui porte son nom, ou de son fils pilote Dominik. Ensemble, ils ont partagé deux podiums de catégorie aux 24 Heures du Mans. Et sont passés tout près de la victoire GT2 (les catégories GT1 et GT2 ont précédé la création en 2011 des actuelles catégories LMGTE Pro et Am, ndlr) en 2006.

Cette année-là, Farnbacher Racing engage une Porsche 911 GT3 RS en partenariat avec une autre structure allemande, Seikel Motorsport. A son volant, Dominik Farnbacher a pour coéquipiers son compatriote allemand Pierre Ehret et le Danois Lars Erik Nielsen (père de Christina Nielsen, vue aux 24 Heures du Mans en 2016, 2017 et 2018, et deux fois titrée aux Etats-Unis en IMSA WeatherTech SportsCar Championship).

En course, le trio s’installe durablement en tête de sa catégorie. Pendant la nuit apparaît toutefois un souci de transmission récurrent : la troisième vitesse ne passe plus. Un problème qui, s’il n’entrave pas dans un premier temps la marche de la Porsche n°83, va toutefois décider du résultat de la catégorie GT1 en toute fin de course.

Un podium « à la force de la poignée »

Au fil des heures, les passages directs de la deuxième à la quatrième sollicitent plus que de raison la solidité du levier de vitesses. Et celui-ci finit par casser au freinage de Mulsanne à moins d’une heure et demie du drapeau à damier. Au volant à cet instant avec huit tours d’avance, Dominik Farnbacher se retrouve au point mort et s’immobilise en bord de piste. Faute de liaison radio et de téléphone portable, il descend de voiture et cherche autour de lui une solution miracle pour effectuer une réparation provisoire qui lui permettrait de regagner son stand.

Il trouve la parade à bord de sa voiture : il arrache la poignée de la glacière alimentant le gilet réfrigérant qu’il porte sous sa combinaison, la substitue tant bien que mal au levier de vitesses et rentre au stand au ralenti sur la deuxième vitesse. Mais entretemps, la Porsche n°83 a perdu la tête de sa catégorie au profit de la Panoz de Team LNT. Après réparation, Dominik Farnbacher, maintenant deuxième, se lance à sa poursuite, et échoue finalement à un tour de la victoire.

Ce nouveau chapitre s’ajoute à la longue histoire de système D selon les 24 Heures du Mans (voir également l’épisode 16 de ce Calendrier de l’Avent avec Henri Pescarolo) et permet également à l’un des pionniers du renouveau de l’endurance depuis la fin des années 1990, l’Américain Don Panoz, d’inscrire son nom au palmarès sarthois en tant que constructeur avec l’Esperante GTLM victorieuse de Richard Dean, Tom Kimber-Smith et Lawrence Tomlinson. Et Horst Farnbacher signera un autre podium en 2010, avec la deuxième place de la catégorie LMGTE Pro pour son fils Dominik, Allan Simonsen et Leh Keen, sous le nom de Hankook Team Farnbacher.

PHOTO (D.R. / ARCHIVES ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS 2006 - Avec la seizième place du général, la Porsche de Pierre Ehret/Dominik Farnbacher/Lars Erik Nielsen est la mieux classée des quatre 911 à l'arrivée de la 74e édition des 24 Heures.