24 Heures Stories : Edgar et Jürgen Barth, les 24 Heures à bout de bras
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24 Heures Stories : Edgar et Jürgen Barth, les 24 Heures à bout de bras

Au fil de ce mois de décembre, voici un calendrier de l’avent très spécial, dédié à des histoires et anecdotes insolites de la légende des 24 Heures du Mans. Pour ce 6 décembre, retour en 1963 puis en 1977 pour saluer l’exploit de deux générations de pilotes Porsche : Edgar Barth et son fils Jürgen.

En huit participations aux 24 Heures du Mans de 1957 à 1964, Edgar « Eddie » Barth n’aura connu qu’une seule marque : Porsche. Après avoir obtenu son meilleur résultat dès son premier départ en 1957 (4e), puis signé deux tops 10 consécutifs (7e en 1961 et 62), il est en 1963 au volant de la dernière Porsche encore en course le dimanche matin.

1963 : Edgar Barth au bout de ses forces

A ce moment, Eddie Barth perd sa roue arrière droite à la sortie de Maison Blanche. La suspension arrière droite est effondrée, mais il n’abdique pas et pousse, tout en soutenant l’arrière droit, les 764 kilos de sa 718/8 WRS Spyder estropiée sur les quelques centaines de mètres le séparant encore de son stand.

Après réparation, Eddie Barth et son coéquipier Herbert Linge repartent pour terminer sous le drapeau à damier huitièmes du général et vainqueurs de leur catégorie. L’exploit d’Edgar Barth est salué comme il se doit par le public des 24 Heures 1963. A cette époque, son fils Jürgen est âgé de seize ans. A l’instar de son père, il sera pilote Porsche tout au long de son parcours aux 24 Heures du Mans, débuté en 1971, avec en point d’orgue une victoire d’exception en 1977.

1977 : Jürgen Barth au bout du suspense

Après une remontée d’anthologie depuis le fond du classement, la Porsche 936 qu’il partage avec Jacky Ickx et Hurley Haywood est en tête en fin de course avec une confortable avance de dix-sept tours. Mais à trois quarts d’heure du drapeau à damier, Haywood rentre au stand avec un piston perforé. Décision est alors prise de déconnecter le cylindre correspondant endommagé et de renvoyer la voiture en piste afin d’effectuer, selon le règlement, un tour chronométré (avec un tour de lancement préalable pour passer la ligne de chronométrage).

Cette mission hautement périlleuse est alors confiée à Jürgen Barth, dont la réputation de pilote ingénieur est tenue en très haute estime chez Porsche. Il effectue un tour au ralenti sur un prototype 936 fonctionnant désormais sur cinq cylindres, pour remporter son unique victoire aux 24 Heures du Mans.

Eddie et Jürgen Barth ont ainsi inscrit, à quatorze ans d’écart, deux des exploits les plus singuliers de l’histoire croisée de Porsche et des 24 Heures du Mans, qui en compte bien d’autres…

PHOTOS (D.R. / ARCHIVES ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), 24 HEURES DU MANS 1963 & 1977 - De haut en bas : le tour de force d'Edgar Barth (Porsche n°28) en 1963 a suscité l'enthousiasme du public des 24 Heures, toujours fin connaisseur. Quatorze ans plus tard, les nerfs d'acier de son fils Jürgen (Porsche n°4) ont offert au constructeur allemand la quatrième de ses dix-neuf victoires au général.