24 Heures Stories : la nuit où Henri Pescarolo défia la pluie sans essuie-glace
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24 Heures Stories : la nuit où Henri Pescarolo défia la pluie sans essuie-glace

Au fil de ce mois de décembre, voici un calendrier de l’avent très spécial, dédié à des histoires et anecdotes insolites de la légende des 24 Heures du Mans. Pour ce 9 décembre, retour sur l’édition 1968, où Henri Pescarolo a conquis sous la pluie le cœur des passionnés.

Après deux abandons à l’issue de ses deux premières participations en 1966 et 1967, Henri Pescarolo est au volant de la seule Matra engagée en 1968, qu’il partage avec l’espoir français Johnny Servoz-Gavin. Prévues les 15 et 16 juin, les 24 Heures ont finalement lieu les 28 et 29 septembre. Ce report, lié à l’agitation sociale et politique qu’a connu la France au mois de mai, ne sera pas sans conséquences météorologiques sur la course.

Johnny Servoz-Gavin s’arrête ainsi dès le premier tour en panne d’essuie-glace, alors qu’il pleut sur le circuit des 24 Heures. La piste sèche et la Matra remonte en deuxième position, derrière la Ford GT40 des futurs vainqueurs Lucien Bianchi et Pedro Rodriguez.

La pluie fait son retour pendant la nuit… et provoque un nouvel arrêt au stand de Servoz-Gavin, toujours en délicatesse avec son essuie-glace qui refuse de fonctionner. Le patron de l’écurie Jean-Luc Lagardère décide de réveiller Henri Pescarolo et lui explique la situation. Le pilote français réfute immédiatement l’issue d’un abandon et prend la piste pour affronter les hallebardes.

"Je trouvais stupide d'abandonner sur un problème d'essuie-glace."
Henri PESCAROLO

Son témoignage « depuis le volant » donne la pleine mesure de cette hallucinante chevauchée nocturne : « Je suis parti en me disant que chaque tour pouvait être le dernier, parce qu'il paraissait impossible de conduire dans ces conditions. Lorsque je rattrapais une voiture, je voyais vaguement ses feux arrière rouges dans les projections d'eau et j'étais incapable de me rendre compte si elle allait à droite, à gauche ou au milieu. Si je me trompais de côté pour la doubler, je me retrouvais dans l'herbe rendue humide à cause de la pluie, puis dans les arbres. Mon but était de remettre la voiture là où elle devait être, c'est-à-dire en deuxième position. Nous avions énormément travaillé sur la voiture, la première à disposer d'un moteur conçu par Matra, qui remplaçait le bloc BRM de 1966 et 1967. En 1968, nous disposions enfin d'une voiture nous permettant de jouer les premiers rôles. Je trouvais vraiment stupide d'abandonner sur un problème d'essuie-glace. Lorsque Jean-Luc Lagardère m'a demandé si je souhaitais rouler quand même, je n'ai pas hésité une seule seconde. »

"Mon but était de ramener la voiture en deuxième position, là où elle devait être."
Henri PESCAROLO

Lorsque la pluie cesse, Johnny Servoz-Gavin reprend le volant et apporte sa contribution à cette remontée jusqu’en deuxième position, mais l’exploit nocturne d’Henri Pescarolo, relayé par la radio, a soulevé l’enthousiasme non seulement du public des 24 Heures mais aussi de la France entière.

Henri Pescarolo est au volant lorsqu’il est contraint à l’abandon peu après le virage de Mulsanne, victime d’un début d’incendie consécutif à une crevaison. Le rêve de podium s’achève à trois heures de l’arrivée. Mais grâce à l’engouement suscité par la folle nuit du prototype bleu de France, l’homme au casque vert entre par la grande porte dans la légende des 24 Heures du Mans, bien avant ses quatre victoires de 1972, 73, 74 et 84.

PHOTO (D.R. / ARCHIVES ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS 1968 - Deux constructeurs français à l'image au Tertre Rouge : frappée du numéro 24, toujours très convoité au Mans, la Matra MS 630 d'Henri Pescarolo et Johnny Servoz-Gavin précède une Alpine.

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