24 Heures Stories : quand la Nascar rencontre les 24 Heures du Mans
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24 Heures Stories : quand la Nascar rencontre les 24 Heures du Mans

Au fil de ce mois de décembre, voici un calendrier de l’avent très spécial, dédié à des histoires et anecdotes insolites de la légende des 24 Heures du Mans. Pour ce 5 décembre, retour en 1962 puis en 1976 pour évoquer la rencontre insolite entre les 24 Heures et la Nascar, l’une des disciplines majeures du sport automobile américain.

Née en 1948, la Nascar (National Association for Stock Car Auto Racing) gère aujourd’hui l’une des compétitions les plus populaires des Etats-Unis, au fil de 36 courses essentiellement disputées sur circuit ovale. Dix ans après la naissance du premier championnat sous l’égide Nascar naît en 1959 en Floride le circuit de Daytona, qui va devenir cette même année le théâtre de la manche inaugurale de la saison Nascar. Disputée mi-février, cette course de 500 miles (805 kilomètres) devient l’épreuve majeure du calendrier, notamment surnommée « Super Bowl » de la Nascar, en référence à la grande finale de la saison de football américain, l’événement sportif le plus suivi outre-Atlantique.

1962-1972 : Fireball Roberts et AJ Foyt entre Daytona et Le Mans

En 1962, Edward Glenn « Fireball » Roberts est le premier vainqueur 500 miles de Daytona à participer aux 24 Heures du Mans. Victorieux en Floride de la quatrième édition en février, il est quatre mois plus tard au départ des 24 Heures au volant d’une Ferrari 250 GTO engagée par le North American Racing Team (NART). Associé à Bob Grossman, habitué de l’équipe de Luigi Chinetti, l’une des premières grandes stars de la Nascar termine sixième pour son unique apparition sarthoise.

AJ Foyt est quant à lui le seul pilote à avoir inscrit les 24 Heures du Mans et les 500 miles de Daytona à son palmarès. En 1967, il est associé dans la Sarthe à Dan Gurney sur Ford Mk IV. Ce duo 100 %  américain remporte la course, dépassant pour la première fois le cap des 5 000 kilomètres parcourus. En 1972, le Texan s’impose aux 500 miles de Daytona sur Mercury. Comme Fireball Roberts, AJ Foyt ne compte qu’une seule participation aux 24 Heures du Mans, mais pas moins de 28 départs aux 500 miles de Daytona, dont il avait également signé la pole position en 1971.

1976 : la Nascar en Sarthe

En une manière de célébration du bicentenaire de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis et d’hommage à la contribution française à l’indépendance américaine, deux coupés de la Nascar Winston Cup (aujourd’hui Nascar Monster Energy Cup Series) sont en piste pour la 44e édition des 24 Heures du Mans. La Dodge Charger de Hershel et Doug McGriff et la Ford Torino de Dick Brooks/Dick Hutcherson/Marcel Mignot font résonner leur gros moteur V8 de sept litres sur le circuit des 24 Heures. Les deux voitures ont été contraintes à l’abandon, mais l’essentiel est ailleurs : non seulement dans l’histoire commune franco-américaine pendant la Guerre d’Indépendance, mais aussi sur la fascination qu’ont toujours exercé les 24 Heures du Mans sur les concurrents d’outre-Atlantique. Revenues par la suite sur le circuit des 24 Heures dans le cadre de Le Mans Classic, la Charger et la Torino n’ont pas davantage perdu leur pouvoir de séduction.

En 2011, Michael Waltrip est le dernier vainqueur des 500 miles de Daytona à avoir disputé les 24 Heures, au volant d’une Ferrari F430 GT de AF Corse (abandon). L’année suivante, la voiture qu’il engage en partenariat avec la structure italienne termine sixième de la catégorie LMGTE Am. De grands champions de l’histoire de la Nascar, et non des moindres, comme Jeff Gordon et Jimmie Johnson (onze titres à eux deux), n’ont pas caché leur intérêt pour les 24 Heures du Mans. Autant de signes indiquant que l’histoire entre la Nascar et la Sarthe peut encore nous réserver d’autres belles surprises à l’avenir...

PHOTOS (D.R. / ARCHIVES ACO) : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT DES 24 HEURES, 24 HEURES DU MANS 1976 & 1962. En haut : parmi les pilotes de la Ford Torino vue en 1976 figurait Dick Hutcherson, troisième des 24 Heures du Mans 1966 sur Ford Mk II. Ci-dessus : la Ferrari 250 GTO de Fireball Roberts, premier vainqueur des 500 miles de Daytona ayant participé aux 24 Heures.