Histoires des 18 et 19 juin... 1994 - La voie royale de Yannick Dalmas
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Histoires des 18 et 19 juin... 1994 - La voie royale de Yannick Dalmas

Sept

L'histoire des 24 Heures du Mans est jalonnée de sagas victorieuses liant un pilote à un constructeur : Olivier Gendebien et Ferrari (4 victoires), Henri Pescarolo et Matra (3 victoires), Jacky Ickx et Porsche (4 victoires), Tom Kristensen et Audi (7 victoires)... Yannick Dalmas est la véritable exception à cette règle, "mais chacune des voitures avec lesquelles j'ai gagné les 24 Heures du Mans avait ses qualités et ses défaut ! " indique-t-il en guise d'introduction. Le Varois ne pourra pas être taxé de favoritisme !

Après de brillants débuts en formules de promotion monoplace au début des années 1980 et 24 Grands Prix de Formule 1 disputés de 1987 à 1994, Yannick Dalmas est sollicité pour la première fois aux 24 Heures du Mans pour un programme au long cours. Jean Todt, Directeur de Peugeot Sport à l'époque et actuel Président de la Fédération Internationale de l'Automobile, engage la marque au lion dans la Sarthe. Après un abandon en 1991 à l'issue de sa première participation, Yannick Dalmas s'impose en 1992, associé aux Britanniques Mark Blundell et Derek Warwick, puis termine deuxième en 1993.

En 1994, il remporte sa deuxième victoire au volant d'une version homologuée pour la route de la Porsche 962 C, le prototype vainqueur aux 24 Heures du Mans en 1986 et 87. L'année suivante, il est l'un des pilotes qui font débuter au Mans la F1 GTR, la routière sportive lancée en 1992 par McLaren, multiple champion du monde en Formule 1... et remporte à son volant son troisième succès sous une météo exécrable.

Après trois participations en tant que pilote d'usine Porsche (une troisième place et deux abandons), Yannick Dalmas rejoint BMW en 1999... et monte pour la quatrième fois sur la plus haute marche du podium. Celle-ci lui vaut de rejoindre Henri Pescarolo en tant que pilote français le plus souvent victorieux aux 24 Heures... Avec quatre voitures différentes.

"La Peugeot de 1992 était très efficace, très rapide, avant-gardiste, on était sur une autre planète à son volant, se souvient Yannick Dalmas. La Dauer-Porsche de 194 était un peu moins sophistiquée et un petit peu plus lourde. La McLaren F1 GTR de 1995 avait un moteur fabuleux, avec beaucoup de couple et de puissance, tout comme celui de la BMW V12 LMR de 1999, qui était un prototype à carrosserie ouverte. La McLaren F1 GTR avait une spécificité : trois places frontales, avec le poste de conduite au milieu, qui a été bien sûr conservé pour la version course. C’était bien plus efficace, car j’avais au volant une vision vraiment panoramique, qui compensait largement la difficulté supplémentaire d’entrer et de sortir de la voiture, à cause de cette position centrale de pilotage."

Après ses trois dernières participations mancelles (de 2000 à 2002), Yannick Dalmas, 55 ans aujourd'hui, a été à nouveau sollicité par Jean Todt : il est désormais pilote conseiller du Championnat du Monde d'Endurance.

Soixante-deuxième édition des 24 Heures du Mans : le podium
1-Hurley Haywood-Yannick Dalmas-Mauro Baldi (Dauer-Porsche 962 LM n°36)
2-Jeff Krosnoff-Eddie Irvine-Mauro Martini (Toyota 94 CV n°1)
3-Thierry Boutsen-Danny Sullivan-Hans Joachim Stück (Dauer-Porsche 962 LM n°35)

Jean-Philippe Doret / ACO