En bref :
- Jacky Ickx compte six victoires aux 24 Heures du Mans, entre 1969 et 9182.
- Selon lui, aux 24 Heures du Mans, la victoire peut se jouer dans le dernier tour.
- La performance repose sur la précision, la cohésion entre les trois pilotes et l’absence d’erreur.
- Pour le pilote belge, les spectateurs et les organisateurs sont au cœur de la légende mancelle.
Les 24 Heures du Mans sont une course où tout peut se jouer jusqu’au dernier tour. Jacky Ickx, six fois vainqueur de l’épreuve, en sait quelque chose : en 1969, il a remporté la course au terme d’un dernier tour décisif, au volant de la Ford GT40 partagée avec Jackie Oliver. Depuis ses débuts dans la Sarthe en 1966 jusqu’à ses succès avec Porsche, le pilote belge a marqué l’histoire de l’endurance. Dans une vidéo à découvrir ci-dessous, il partage sa vision d’une compétition où la victoire exige une précision absolue, une confiance totale entre coéquipiers et une passion collective.
Pourquoi la victoire aux 24 Heures du Mans peut-elle se jouer sur un seul tour ?
Aux 24 Heures du Mans, vingt-quatre heures ne suffisent pas toujours à départager les concurrents. Parfois, l'écart se creuse au fil de la course. Parfois, tout se décide dans les derniers instants, lorsque plusieurs voitures se disputent encore la victoire. « La victoire se joue parfois sur un seul tour, face à une dizaine d’autres voitures, explique Jacky Ickx dans le dernier volet de la série Drivers Of Destiny disponible sur la chaîne YouTube des 24 Heures du Mans.
Le constat du pilote belge est limpide : malgré la durée de l'épreuve, l'issue reste incertaine jusqu'au bout. Le niveau de compétition est tel qu'il devient difficile de désigner un favori. Avec de nombreux constructeurs capables de gagner et des équipages réunissant trois pilotes de très haut niveau, chaque détail peut faire la différence.
Pour les spectateurs, c'est toute la magie du Mans : une course peut sembler écrite pendant des heures, avant de basculer en quelques minutes. Et lorsque les voitures se retrouvent au coude-à-coude, chaque virage, chaque dépassement et chaque décision prennent une autre dimension.
Lire aussi : L’histoire du jour – Jacky Ickx s’impose aux 24 Heures du Mans avec Ford en 1969
“Une fausse note a ici le même effet que dans un orchestre philharmonique : si elle survient, le concert est gâché”
— Jacky Ickx
Pour illustrer l'exigence des 24 Heures du Mans, Jacky Ickx convoque une image inattendue : celle d'un orchestre philharmonique.
Dans une course aussi disputée, la moindre erreur peut compromettre des heures d'efforts. Une trajectoire imparfaite, une hésitation ou une décision mal évaluée peuvent suffire à faire perdre le bénéfice d'une course entière.
« Tout doit être parfait. On ne peut se permettre aucune fausse note. Car une fausse note a ici le même effet que dans un orchestre philharmonique : si elle survient, le concert est gâché. Le souci, c’est qu’il n’y a qu’un seul vainqueur, et qu’atteindre ce niveau exige un effort colossal », estime le sextuple vainqueur de la classique mancelle.
De 1966 à aujourd'hui, Jacky Ickx refuse de comparer les époques
C’est en 1966, alors que le duel entre Ford et Ferrari fait rage, que Jacky Ickx découvre les 24 Heures du Mans. « J’étais simplement heureux d’être présent. Si l’on m’avait proposé de gagner ne serait-ce qu’une fois, j’aurais accepté avec joie — et je crois que c’est toujours vrai aujourd’hui », glisse-t-il.
Il en remportera finalement six, en 1969, 1975, 1976, 1977, 1981 et 1982. Un palmarès qui a contribué à faire de lui l'une des figures incontournables de l'histoire mancelle.
Pour autant, le champion belge confie : « Mon tempérament n’est pas de vivre dans le passé, même si j’en récolte encore les fruits aujourd’hui. Seul le présent compte. Cela signifie qu’il ne faut pas céder à la tentation de comparer mon époque à celle d’aujourd’hui. Elles n’ont rien en commun ; ce serait une grave erreur ». À travers ces propos, il faut comprendre les voitures, les technologies, les méthodes de préparation et les conditions de course ont évolué. Chaque génération de pilote doit relever ses propres défis.

320 000 spectateurs : le cœur battant des 24 Heures du Mans
Pour Jacky Ickx, la légende mancelle ne repose pas uniquement sur les voitures et les pilotes. Elle appartient aussi aux spectateurs qui viennent vivre la course. « Cette passion partagée, qui m’est si chère, anime également l’organisation. Si la course a pu perdurer pendant 100 ans, c’est parce que des hommes et des femmes se sont mobilisés par amour du sport automobile, se transmettant le flambeau année après année, décennie après décennie, pour bâtir ce monument extraordinaire que sont les 24 Heures du Mans », commente-t-il.
La légende des 24 Heures du Mans est donc une œuvre collective. Elle appartient aux pilotes qui la nourrissent, aux équipes qui la rendent possible et à tous ceux qui viennent la vivre.
Découvrez le cinquième et dernier épisode de la série Drivers Of Destiny consacré à Jacky Ickx et découvrez pourquoi le destin des équipes et des pilotes aux 24 Heures du Mans se joue sur des détails.
FAQ – Jacky Ickx et les 24 Heures du Mans
Combien de fois Jacky Ickx a-t-il remporté les 24 Heures du Mans ?
Jacky Ickx a remporté les 24 Heures du Mans à six reprises : en 1969, 1975, 1976, 1977, 1981 et 1982. Il a participé à l'épreuve dix-sept fois, de 1966 à 1985.
Quelle est la première victoire de Jacky Ickx aux 24 Heures du Mans ?
Jacky Ickx a remporté sa première victoire en 1969, avec le Britannique Jackie Oliver au volant d'une Ford GT40. Parti dernier après avoir choisi de marcher jusqu'à sa voiture pour protester contre le départ en épi, il a finalement remporté la course dans le dernier tour face à la Porsche 908 de Hans Herrmann et Gérard Larrousse.
Pourquoi Jacky Ickx estime-t-il qu’il n’aurait pas dû gagner les 24 Heures du Mans 1977 ?
En 1977, Jacky Ickx remporte les 24 Heures du Mans au terme d’un scénario inédit. Après la casse moteur de la Porsche 936 #3 qu’il partage avec Henri Pescarolo, le pilote belge rejoint la Porsche 936 #4 de Jürgen Barth et Hurley Haywood, sur laquelle il était inscrit comme pilote de réserve.
Durant la nuit, il bat à trois reprises le record du tour établi par François Cevert en 1973. Au petit matin, la Porsche pointe à la deuxième place avant de prendre la tête à la suite de l’abandon de la Renault-Alpine de Jean-Pierre Jabouille et Derek Bell. Malgré un moteur qui fonctionne sur cinq cylindres, la 936 #4 franchit la ligne d’arrivée en vainqueur.
« C’était a priori une course perdue. Je n’aurais pas dû gagner cette année-là », reconnaît Jacky Ickx. Il décrit cette victoire comme un moment magique, au cours duquel toute l’équipe a su transformer une défaite annoncée en triomphe. Un succès qui illustre parfaitement l’imprévisibilité et la force collective des 24 Heures du Mans.
Quels sont les liens entre Jacky Ickx et Genesis ?
Depuis février 2024, Jacky Ickx est ambassadeur de Genesis, la marque premium du groupe Hyundai. Le sextuple vainqueur des 24 Heures du Mans joue un triple rôle de conseiller, d'ambassadeur et de représentant de la marque. Il apporte notamment son expérience du sport automobile au programme Genesis Magma Racing, engagé dans la catégorie Hypercar des 24 Heures du Mans et du Championnat du monde d'endurance FIA WEC.
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