Un rêveur pragmatique
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Un rêveur pragmatique

Photo : - James Glikenhaus

 

Ce producteur de film, passionné d’automobile, voue un amour particulier pour les productions de Maranello. En 2006, James Glickenhaus avait déjà fait sensation en dévoilant une Ferrari sur mesure, construite par Pininfarina. Ce modèle unique, largement inspiré des Ferrari 330 P4 engagées aux 24 Heures du Mans 1967, aura bientôt sa version course : la P4/5 Competizione.

D’où vient votre amour pour Ferrari ?
J'ai toujours aimé les objets mécaniques. Jeune, je démontais les appareils pour voir comment ils fonctionnaient. Les voitures me fascinaient par leur magie mécanique, capable de vous transporter où vous le vouliez. La compétition représente le test ultime, et pour moi, les Ferrari ont toujours été les plus belles voitures de course. J'ai eu la chance d'avoir la concession de Monsieur Chinetti accessible à bicyclette de l'endroit où j'ai grandi, et il a été très aimable de me laisser traîner et regarder ses Ferrari de course. Son N.A.R.T. Racing Team a été une source d'inspiration et à ma manière, je suis ses traces avec la P 4/5 Competizione.

Vous avez donc grandi aux cotés de la P4 ?
Oui, ou plutôt de sa cousine, la 412P. Je me souviens aussi de la 250 LM victorieuse aux 24 Heures du Mans 1965.

Aujourd’hui, combien de Ferrari possédez-vous ?
J’ai une 166 SC de 1947, qui est le plus vielle Ferrari encore en vie ; une Dino Competizione, une 330 P 3/4 et une 412P de 1967 ; une 208 GTB Turbo de 1988 ; une Fiat Dino Spyder de 1971, fabriquée par Ferrari ; et enfin, la Ferrari P 4/5 de Pininfarina.

Votre 330 P3/4 semble peu ordinaire…
En 2000, j’ai acheté à David Piper une voiture qui avait été assemblée à partir de pièces de rechange achetées à Enzo Ferrari. Je pensais qu’il s’agissait d’un châssis construit à Modène en 1971 (des répliques on été fabriquées à partir des plans originaux et avec l'accord d'Enzo Ferrari, ndlr). Lorsque nous avons ramené la voiture à New York, nous avons découvert que le châssis n’avait pas été construit sur des spécifications de P4, mais de P3. Il portait les stigmates de réparations et de modification en P4. Nous avons mené une enquête médico-légale qui a été publié en 2002. Les spécialiste de Ferrari ont été informés de mes résultats et ils ont réhabilité l’auto en lui donnant une dénomination unique : P 3/4. Cette voiture est un régal à conduire, et je l’ai engagé deux fois à la Targa Florio historique ainsi qu’à de nombreux concours d’élégance.

La P4/5 a été dévoilée au public en 2006, quel est votre bilan après 4 années d'utilisation ?
Elle est merveilleuse et amusante à conduire. J’ai couvert plus de 12.000 kilomètres à son volant. A chaque fois, les gens semblent contents de la voir.

Les dirigeants de Ferrari s’intéressent-ils à votre nouveau projet de P4/5 Competizione ?
Ils sont certainement au courant de son existence. Mais l’autosera engagée aux prochaines 24 Heures du Nürburgring par la Scuderia Shield, pas Ferrari.

Qui produit cette voiture ?
LM Gianetti et NTechnology.

Où ira-t-elle après la course ?
Nous espérons la présenter au concours d’élégance de Villa d'Este, et participer aux deux courses de VLN qui précédent les 24 Heures du Nürburgring. Après, nous devrions aller au Festival of Speed de Goodwood, puis au concours d’élégance de Pebble Beach. Nous aimerions aussi l’exposer au Mans !

Julien Hergault