Voici la grille de départ des 24 Heures du Mans 2026
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Voici la grille de départ des 24 Heures du Mans 2026

Cinq constructeurs différents ont été vus en tête d’au moins une séance dans la catégorie Hypercar cette semaine : c’est peu de dire que la hiérarchie est indécise à la veille des 24 Heures du Mans ! Il en va de même en LMGT3, avec une bataille des marques intense, tout comme en LMP2 ou les équipes sont très proches. Au terme d'une Hyperpole à suspense, c'est BMW qui s'élancera en tête samedi à 16 heures — une première dans l’histoire de la course.

La grille de départ est un instantané : celui d'un tour parfait, pneus neufs et réservoir vide, en apnée dans l'air frais d'un jeudi soir. Confrontés aux longs relais des essais libres — là où se devine le rythme de course —, ces résultats racontent une autre histoire, un autre souffle. Décryptage d'une hiérarchie en trompe-l'œil, et d’une semaine de montée en tension, qui cherche (encore) son patron.

Hypercar : BMW en pole dans une catégorie très ouverte

Depuis la Journée Test, la tête du classement n'a cessé de changer de mains. Aston Martin a ouvert le bal. Cadillac a dominé les essais libres 1, Toyota les essais libres 2, avant qu'Alpine ne s'empare des qualifications. BMW a pris le relais aux essais libres 3, puis confirmé sous les projecteurs de l'Hyperpole. Aucune suprématie n'a émergé.

Deux BMW dans le carré d’as (première et quatrième): Dries Vanthoor (M Hybrid V8 #15 de BMW M Team WRT) et Robin Frijns (#20) ont fait parler la poudre. Mais ils n’étaient pas seuls. Le nouveau format prévoit en effet que les trois pilotes d'un équipage se succèdent au volant : le premier pour lancer la machine en qualifications mercredi, le deuxième pour peaufiner en Hyperpole 1, et le troisième pour sublimer la prestation en Hyperpole 2 au crépuscule. Le chrono de Dries Vanthoor, un 3'22''564, efface au passage le record de la piste en Hypercar, détenu depuis l'an dernier par Jack Aitken (3'22''742). C'est la toute première pole de BMW non seulement dans l'ère Hypercar mais dans l’histoire des 24 Heures du Mans. « Je suis super content d’être en pole position au Mans ! C’est un événement, c’est génial d’être devant et d’offrir à toute l’équipe ce qu’elle mérite. Mais notre objectif reste de remporter la course ! Nous devons rouler sans faire d’erreur, pendant ces 24 heures, pour être dans le coup dimanche », souligne Vanthoor.

BMW monte en puissance. Après le doublé à Spa-Francorchamps en mai, et l’Hyperpole désormais acquise, la victoire semble envisageable.
BMW monte en puissance. Après le doublé à Spa-Francorchamps en mai, et l’Hyperpole désormais acquise, la victoire semble envisageable.

La Cadillac du Hertz Team JOTA #38 tenait la pole sur la piste avant l'annulation de son chrono (Jack Aitken s’est présenté trop tôt en bout de voie des stands, avant autorisation de la direction de course). Mieux, Cadillac place ses trois voitures dans le top 10 a #12 n'a tout simplement jamais quitté le top 5 de la semaine, du plus frais au plus chaud (la température de piste a évolué de 20 à 38°C au gré des séances, celle  de l’air de 14,9°C à 21,4°C). Une régularité que personne n’égale.

Que la #38 s'élance dixième n'a, sur 24 heures, qu'une importance toute relative. A moins de faire preuve de superstition. Car seuls Jean Rondeau et Jean-Pierre Jaussaud ont triomphé en 1980 en partant depuis cette position sur la grille avec leur M379B. Par opposition, 13 des 63 derniers lauréats sont partis en tête (20,63 %).

« Malheureusement, le tour a été annulé à cause d’une erreur de procédure. Cela montre toutefois que nous avions un rythme fantastique, puisque nous avons signé le meilleur temps, le troisième meilleur, et que trois Cadillac se sont toutes qualifiées pour l’Hyperpole 2. Et, vous savez, même si nous ne partons pas en pole position, nous allons tout de même nous battre tout au long du week-end ; nous avons prouvé que nous avions un excellent rythme. La voiture semblait vraiment, vraiment performante. Les gars ont fait un travail incroyable pour l’améliorer petit à petit ces derniers jours. Oui, réussir un tour comme celui-là, c’est toujours quelque chose d’un peu spécial, et encore plus sur un circuit comme celui-ci. J’ai donc beaucoup apprécié les 20 minutes pendant lesquelles j’ai occupé la pole », confesse Jack Aitken.

Ferrari et Toyota semblent avancer dans l’ombre en cette 24e semaine de l’année. On prépare la grande course, en se faisant presque oublier.
Ferrari et Toyota semblent avancer dans l’ombre en cette 24e semaine de l’année. On prépare la grande course, en se faisant presque oublier.

Toyota, marque quintuple lauréate, partira 14ᵉ et 15ᵉ. Ferrari place sa #83, tenante du titre, en 17ᵉ position. La #51 est huitième, la #50 12e. Une contre-performance ? Pour ces Hypercars taillées pour la légende et déjà victorieuses, le rythme de course est intact. Discrètes sur la grille, elles pourraient briller dans les longs runs. Tant les Italiens que les Japonais (qui tiennent dans leurs mains les huit dernières éditions du Mans) connaissent la montée en puissance de la semaine, et l’importance du travail de découverte de la piste, de compréhension de son évolution. 

Alpine, qui veut redonner à la France une victoire, a tout mis en œuvre cette semaine pour rencontrer son destin : meilleur temps des qualifications, troisième sur la grille, et une régularité de métronome — jamais hors du top 7, toutes séances confondues. Rien d'un coup d'éclat isolé, mais le produit d'un travail patient, d’une expertise développée depuis 2024. La marque, lauréate en 1978 et victorieuse pour la première fois en championnat du monde l'an passé (à Fuji), n'a peut-être jamais été aussi bien armée pour viser le sommet.

Si les 9X8 #93 et #94 ferment la marche des Hypercars, 16ᵉ et 18ᵉ, le début de saison permet d’espérer que le visage de la course sera différent. Pour la 94e édition, un succès de la #94 serait un symbole !

Les différents composés pneumatiques – Soft, Medium, Hard – ont été testés, pour faire le choix décisif en course, sans trembler.
Les différents composés pneumatiques – Soft, Medium, Hard – ont été testés, pour faire le choix décisif en course, sans trembler.

Reste la révélation de la semaine, et elle est coréenne. Pour sa toute première apparition en Sarthe, Genesis hisse ses deux GMR-001 en Hyperpole 2 : la #19 partira sixième, la #17, neuvième. Mathys Jaubert, 21 ans et seul pilote Silver de la catégorie, a même signé son meilleur tour d'Hyperpole 1 sans affichage au volant pour cause de problème technique. Un aplomb qui force le respect. La nuance viendra, là encore, des longs relais : l'éclat est réel, la course reste à apprivoiser.

Quant à Aston Martin, qui avait ouvert le bal en dominant la Journée Test, elle rentre dans le rang à mesure que les autres montent en puissance, la #009 (7ᵉ) et la #007 (11ᵉ) se fondant dans le peloton. Symbole d'une catégorie où la photographie du jeudi soir ne dit presque rien du film à rebondissements qui nous attend dès ce samedi.

LMP2 : entre fougue et expérience, il faudra trancher !

Le LMP2 se joue dans un mouchoir : les dix premiers tiennent en un peu plus de deux secondes. Sur une catégorie aussi dense, le meilleur temps de la #29 Forestier Racing by Panis (Esteban Masson, 21 ans) n’est pas récompensé par l’Hyperpole, car une pénalité d'une place sur la grille (pour avoir gêné un concurrent ) amène finalement la #28 (IDEC Sport) en tête de la catégorie au départ. La course se décidera à l'exécution : un arrêt manqué, un trafic mal lu, un vibreur trop escaladé.

On trouve en LMP2 la fougue de la jeunesse, notamment avec l’équipage le plus jeune de l’histoire de la course, associant Adrien Clomesnil, Ian Aguilera et Theodor Jensen sur l’Oreca 07-Gibson #37 Cool Racing pour une moyenne d’à peine plus de 19 ans. On trouve aussi l’expérience, comme sur la #43 d'Inter Europol Competition (4ᵉ) qui n'est pas la plus en vue cette semaine, mais qui dispose d’un solide palmarès — l’équipe est double lauréate en 2023 et 2025. Pas plus en LMP2 quedans les autres catégories, on ne gagne Le Mans le jeudi soir.

Quatre pilotes officiels Porsche sont cette année en LMP2, la marque n’étant pas présente en Hypercar. Des renforts de choix, qui apportent le regard exigeant du haut niveau, comme Julien Andlauer sur la #30.
Quatre pilotes officiels Porsche sont cette année en LMP2, la marque n’étant pas présente en Hypercar. Des renforts de choix, qui apportent le regard exigeant du haut niveau, comme Julien Andlauer sur la #30.

Un détail est à noter dans cette grille LMP2 : quatre équipages Pro/Am, dont la #4 de l’équipe Crowdstrike Racing by APR (avec Laurin Heinrich en Hyperpole 2) et la #14 de l’équipe TDS Racing (Kévin Estre dans la séance finale), se sont glissés dans le top 10. Certains gentlemen-drivers sont épaulés par des pilotes d'usine, et le chrono de qualification flatte l'équipage… mais la moyenne sur 24 heures dépend beaucoup des relais du pilote le moins aguerri. Le classement du jeudi ne dit pas tout du défi immense qui reste à relever, et de la complémentarité, de l’alchimie, que vont devoir trouver les trios. 

LMGT3 : la grande bataille des constructeurs est lancée

S'il est un classement à ne surtout pas prendre au pied de la lettre, c'est celui-ci. En une semaine, six marques différentes ont fini une séance en tête : Ferrari, Lexus, BMW, Aston Martin, Ford puis Corvette. Les performances sont comprimées, avec neuf constructeurs dans une fourchette si étroite que la hiérarchie bascule au moindre coup de chaud ou de fraîcheur.

La pole de Mattia Drudi (#27 Heart Of Racing, nouveau record en 3'52''433) est l'œuvre d'un pilote expérimenté. Pour la deuxième année de suite, il s'empare de l'Hyperpole LMGT3 et offre à Aston Martin sa 71e pole position dans l'histoire du Championnat du monde d'endurance FIA WEC depuis 2012. Mieux : la marque devient la première à totaliser cinq Hyperpole depuis la naissance du LMGT3 en 2024. Drudi, lui, rejoint un cercle très fermé — celui des pilotes ayant déjà signé au moins deux poles dans la catégorie,

IIl ne faut pas oublier que le règlement impose un équipier classé bronze dans chaque équipe (qui a disputé la qualification le mercredi). Ses relais seront essentiels sur la durée. La force du Mans est ici, elle récompense la performance de toute une chaîne humaine.

Neuf marques se battent pour la victoire en LMGT3. Une course dans la course qui promet une bataille de tous les instants.
Neuf marques se battent pour la victoire en LMGT3. Une course dans la course qui promet une bataille de tous les instants.

La question qui anime les observateurs du LMGT3 est simple : qui va pouvoir tenir la dragée haute à Porsche ? La marque allemande, qui ne compte que deux représentantes, mais non des moindres, au départ cette année, est invaincue en LMGT3. Richard Lietz, Yasser Shahin et Morris Schuring ont gagné en 2024 sur la #91, puis Ryan Hardwick, Richard Lietz (à nouveau) et Riccardo Pera en 2025 sur la #92. La catégorie restera-t-elle la chasse gardée du constructeur le plus fidèle au Mans ? 

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