Ford Hypercar : les coulisses d’une première sortie préparée depuis des mois
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Ford Hypercar : les coulisses d’une première sortie préparée depuis des mois

Le premier roulage de l’Hypercar de Ford n’était pas un saut dans l’inconnu. Derrière ces premiers kilomètres se cachent des mois de travail sur le moteur, le simulateur et les méthodes de l’équipe. Pour Ford Racing, la route vers la 95e édition des 24 Heures du Mans (9-13 juin 2027) vient véritablement de commencer.

Une Hypercar qui quitte son garage pour la première fois, un moteur qui monte dans les tours, six pilotes réunis autour d’un même projet et plus de 1 000 kilomètres parcourus en trois jours. Vu de l’extérieur, le premier essai de l’Hypercar de Ford sur le circuit Paul Ricard ressemble à un commencement. En réalité, il est l’aboutissement de mois de préparation. Avant de prendre la piste, Ford Racing a travaillé sur banc moteur à Dearborn, multiplié les heures de simulateur et préparé chaque étape pour que la voiture soit immédiatement opérationnelle. Le premier roulage n’était donc pas le début de l’histoire, mais le premier chapitre visible d’une aventure qui doit conduire Ford aux 24 Heures du Mans 2027 et en Championnat du monde d’endurance FIA WEC pour y affronter Aston Martin, BMW, Cadillac, Ferrari, Genesis, McLaren, Peugeot et Toyota.

Avant la piste, des milliers d’heures de travail

Une voiture de course ne naît pas au moment où elle quitte son stand. Pour l’Hypercar Ford, le travail a commencé bien avant que ses quatre roues ne touchent l’asphalte du circuit Paul Ricard.

Le V8 atmosphérique de 5,4 litres, développé en interne par Ford, avait déjà rugi pour la première fois en France quelques semaines auparavant. Le constructeur américain avait également travaillé sur l’intégration du groupe motopropulseur avec Oreca, partenaire chargé du châssis, tout en structurant son programme sportif en vue de son arrivée dans le Championnat du monde d’endurance FIA WEC en 2027.

Mais il restait une étape impossible à reproduire complètement derrière un écran : rouler.

« Tout ce que nous avons fait en amont – le travail au banc à Dearborn, le démarrage en France, les innombrables heures dans le simulateur – avait pour objectif de nous assurer que lorsque nous arriverions en piste, nous serions prêts à fonctionner immédiatement », explique Dan Sayers, responsable du programme Hypercar de Ford Racing.

C’est toute la philosophie de cette première sortie. Ne pas découvrir la voiture en même temps que la piste, mais arriver avec suffisamment de préparation pour pouvoir apprendre dès le premier tour. Et apprendre, justement, est le maître-mot de cette nouvelle phase.

Transformer la préparation en expérience

Au Paul Ricard, Ford Racing a pu confronter pour la première fois son travail à la réalité. Les ingénieurs ont recueilli des données, les pilotes ont commencé à comprendre le comportement de l’Hypercar et l’équipe a pu vérifier que les différents éléments du projet fonctionnaient ensemble.

Pour un programme entièrement nouveau, cette capacité à transformer rapidement les kilomètres en enseignements est essentielle. Logan Sargeant, l’un des six pilotes mobilisés autour du projet, le sait mieux que personne. « Quand on lance un nouveau programme, cela prend toujours du temps : il faut comprendre comment toutes les pièces s’assemblent, et nous sommes encore en train de travailler là-dessus, explique l’Américain. Cela dit, nous avons vraiment démarré sur les chapeaux de roue. »

Cette impression ne doit rien au hasard. Sargeant souligne les nombreuses heures déjà consacrées au simulateur et estime que Ford disposait ainsi d’une « énorme longueur d’avance » avant même le premier essai. « Maintenant, il s’agit de faire en sorte que tout fonctionne parfaitement ensemble, et c’est notre prochaine étape », poursuit-il.

C’est là que les premiers kilomètres prennent toute leur valeur. Une donnée recueillie sur le circuit peut remettre en question une simulation. Un comportement observé par un pilote peut orienter le travail des ingénieurs. Une petite anomalie détectée suffisamment tôt peut éviter un problème beaucoup plus important plus tard. Chaque tour devient une pièce de l’immense Puzzle que Ford doit assembler.

©Ford Racing
©Ford Racing

Six pilotes pour construire une seule équipe

L’autre enseignement de cette première sortie est moins visible, mais tout aussi important : Ford ne développe pas seulement une voiture. Le constructeur construit une équipe.

Les six pilotes du programme étaient présents au Paul Ricard. Sebastian Priaulx, Mike Rockenfeller et Logan Sargeant avaient déjà été annoncés pour participer au développement de l’Hypercar, tandis que les autres pilotes apportent également leur expérience à la construction du projet.

Mark Rushbrook, directeur mondial de Ford Racing explique : « Le fait que nos six pilotes soient présents, travaillent ensemble et fassent avancer ce programme en dit long sur l’esprit que nous sommes en train de construire chez Ford Racing. »

Le mot est important : construire. Car Ford ne cherche pas simplement à aligner deux voitures en 2027. La marque américaine revient au plus haut niveau de l’endurance avec l’ambition de retrouver la victoire au classement général des 24 Heures du Mans. Ford compte aujourd’hui quatre succès au classement général, tous acquis entre 1966 et 1969, et son retour en Hypercar doit prolonger cette histoire près de six décennies après.

Entre la Ford GT40 qui a écrit sa légende dans les années 1960 et cette nouvelle Hypercar, il y a pourtant un monde. Les technologies ont changé, les voitures ont changé et l’endurance elle-même a profondément évolué. Mais une chose reste intacte : l’idée que Le Mans mérite une préparation à la hauteur de son défi.

©Ford Racing
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Le premier pas d’une longue route vers les 24 Heures du Mans

Ces tets ont donc permis à Ford de franchir un premier cap. Mais personne, chez Ford Racing, ne considère cette étape comme une fin en soi.

« Il reste une longue liste de jalons à franchir avant le premier trimestre 2027, mais ces dernières semaines ont donné beaucoup de confiance à l’équipe et posé de solides fondations sur lesquelles construire », résume Dan Sayers.

Le calendrier qui attend Ford sera dense. Après cette première sortie, l’Hypercar doit poursuivre son développement sur différents circuits et dans différents environnements afin d’accumuler les kilomètres et de préparer son entrée en compétition. Le programme d’essais doit notamment conduire Ford sur trois continents avant son arrivée en FIA WEC.

« Chaque mile que nous parcourons avec cette voiture nous rapproche du Mans, et nous rapproche de notre retour au sommet de l’endurance », affirme Mark Rushbrook.

La phrase résume parfaitement ce que représente ce premier roulage. À cet instant, Ford ne joue encore aucune victoire. Aucun drapeau à damier ne l’attend. Mais quelque part, dans les données enregistrées au Paul Ricard, dans les sensations des pilotes et dans les milliers de paramètres analysés par les ingénieurs, se trouve peut-être déjà une petite partie de ce que sera la Ford Hypercar au matin du 13 juin 2027.

La route est encore longue. C’est justement ce qui rend les premiers kilomètres si précieux.

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