Les 24 Heures du Mans choisissent-elles leur vainqueur ?
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Les 24 Heures du Mans choisissent-elles leur vainqueur ?

Depuis leur création en 1923, les 24 Heures du Mans ont réservé leur lot de mauvaises surprises aux concurrents. Si bien qu’il existe un dicton qui affirme que la course choisit son gagnant.

Aux 24 Heures du Mans, le spectacle est unique et le scénario souvent dramatique. Une équipe peut disposer de la voiture la plus rapide, mener une course parfaite et être contrainte à l’abandon à l’entame du dernier tour. Toyota Gazoo Racing a connu cette infortune en 2016. Si bien qu’il existe une maxime tenace qui affirme que la course choisirait son vainqueur. « J’ai perdu cette course à plusieurs reprises alors que nous avions fait ce qu’il fallait pour la gagner », témoigne Frédéric Makowiecki, pilote de la Porsche 963 #5 de Porsche Penske Motorsport. Neel Jani, pilote de l’Oreca 07-Gibson #30 de Duqueine Team livre cette anecdote : « En 2016, lorsque j’étais pilote officiel Porsche et que j’avais signé la pole position, Jacky Ickx (sextuple vainqueur de la classique mancelle, NDLR) m’avait dit : tu ne peux pas gagner la course, mais elle va te laisser gagner. Lorsque la Toyota a abandonné quatre minutes avant le drapeau à damier, j’ai repensé à ce qu’il m’avait dit. Et l’année suivante, alors que ma voiture était en tête avec beaucoup d’avance, un piston a cassé alors que ça ne nous était jamais arrivé. Cela me fait dire que la course n’a pas voulu que nous gagnions. Ce dicton, je l’ai vécu des deux côtés ».

"Les choses n’arrivent pas sans raison"
Robert Kubica, Team WRT

Puis, il y a les pilotes plus terre-à-terre comme Robert Kubica. En 2021, alors que ses coéquipiers et lui s’apprêtaient à remporter la catégorie LMP2, lors du dernier tour, leur voiture s’est immobilisée en piste à la suite de la casse d’un capteur d’accélérateur. « Le Mans peut vous proposer toutes sortes de scénarios et ma première participation en 2021 en est un bon exemple. N’empêche que les choses n’arrivent pas sans raison. Donc, oui, c’est vrai, il faut que Les 24 Heures vous traitent bien, mais il faut surtout n’avoir négligé aucun détail car, cela, la course ne le pardonne pas », affirme le Polonais.

Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les équipes s’attèlent à réaliser une course parfaite en se montrant rapides, en travaillant en parfaite cohésion, en réalisant de bons ravitaillements et en essayant d’échapper aux pénalités. C’est seulement en réunissant tous ces paramètres qu’elles peuvent prétendre au succès. Et si la course ne les choisit pas, les regrets sont moindres ; ils peuvent invoquer l’irrationalité de l'épreuve.

« Je ne suis pas versé dans la spiritualité, mais, dans la vie, je crois qu’il y a des choses qu’on ne peut pas expliquer. Les 24 Heures du Mans sont un bon exemple et c’est ce qui fait le charme de cette course. Il y a quelque chose qui nous dépasse, affirme Neel Jani. Si on connaissait les secrets des magiciens, leurs tours nous éblouiraient moins. »

Ces trois éditions où la course semble avoir choisi son vainqueur

1952
Cette année-là, Pierre Levegh conduit seul sa Talbot durant plus de 22 heures, mais à une heure dix de la fin, alors qu’il est en tête avec quatre tours d’avance, la casse de son vilebrequin met un terme à sa course en solitaire. La Mercedes-Benz 300 SL s’impose et offre au constructeur allemand sa première victoire aux 24 Heures du Mans.

1991
La Sauber-Mercedes C11 s’installe en tête de la course lors de la deuxième heure de course. Les pilotes Jean-Louis Schlesser, Jochen Mass et Alain Ferté semblent se diriger vers la victoire, mais la course bascule à 12 h 54. Alain Ferté rentre au stand à la suite d’un problème de refroidissement et perd plus d’une demi-heure. L’équipe tente de faire repartir la voiture, mais elle est contrainte à l’abandon après avoir mené 257 tours !

2016
Cette édition est très disputée notamment entre les Toyota #5 et #6 et la Porsche #2 tandis que l’autre Porsche et les Audi connaissent des problèmes de fiabilité et un manque de performance. Jusqu’à la 21e heure, les deux Japonaises et l’Allemande sont dans le même tour. Et c’est Toyota qui, avec la #5 en tête à l’amorce du dernier tour, peut entrevoir sa première victoire. C’est alors que, passant devant les tribunes cette même #5 s’arrête, victime d’une perte de puissance moteur. Elle laisse alors passer la Porsche #2, permettant ainsi au constructeur de Stuttgart de décrocher un 18e succès dans la Sarthe.

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