H+4 : Toyota Racing s'appuie sur son expérience aux 24 Heures du Mans 2026
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H+4 : Toyota Racing s'appuie sur son expérience aux 24 Heures du Mans 2026

C’est parti. Les 24 Heures du Mans 2026 sont lancées, et les premiers enseignements de la course ne se font pas attendre. Les pilotes de toutes les catégories livrent actuellement des prestations à la hauteur de la légende.

Après un début de course tonitruant de la BMW M Hybrid V8 #20, les premières heures ont été marquées par un pari de Toyota. Les TR010 – Hybrid se sont arrêtées très tôt, afin d’éviter le trafic. Pari payant, qui a offert aux nippones un avantage conséquent, aussi provoqué par le rythme magistral de ses pilotes.

Coup de maître de Toyota

Alors que la voiture de sécurité s’efface, Will Stevens, sur la Cadillac V-Series.R #12 Hertz Team Jota, s’envole parfaitement. Il dépasse la BMW #15 BMW M Team WRT et pointe en tête après les premiers virages. La BMW #20, aux mains de René Rast, double également la voiture sœur. Rast, alors deuxième, chasse la Cadillac dans les Hunaudières. Les deux pilotes attaquent, mais ce ne sont là que les premiers tours ; une erreur maintenant coûterait très cher. Rast, ambitieux, voit l’ouverture, et en profite pour prendre la tête de course. l’Allemand ne fait plus qu’un avec son prototype, il paraît facile, fluide, même dans les secteurs les plus décisifs où il est susceptible de rencontrer du trafic. En plus de cent ans d’histoire, Le Mans a permis à certains pilotes de s’élever ; au tour de René Rast, qui illumine l’entame de la plus grande course d’endurance du monde. Au bout de dix tours seulement, la BMW #20 compte près de dix secondes d’avance sur l’américaine.

La BMW #15, tombée troisième, est désormais sous le coup d’une attaque de Ferdinand Habsburg, sur l’Alpine A424 #35 Alpine Endurance Team. L’Autrichien fait la différence à Indianapolis. Quelques tours plus tard, c’est au tour de la Cadillac #101 Wayne Taylor Racing de doubler la BMW #15, peut-être sur une autre stratégie que la #20, toujours en tête. Derrière, le spectacle n’est pas moins beau. Earl Bamber, sur la Cadillac #38, par deux fois vainqueur au Mans, met à profit son expérience des moments chauds pour se faufiler dans le trafic Hypercar. Il prend le meilleur sur les deux Ferrari 499P Ferrari-AF Corse, qui sont très occupées à se battre entre elles. La frénésie du départ se fond peu à peu en recherche d'une vitesse plus soignée, en phase avec l'essence de l'endurance. 

Alors que les LMGT3, moins rapides, sont rattrapées, Toyota Racing tente un audacieux pari. Les Japonais font rentrer la TR010 – Hybrid #7 au bout de huit tours seulement, suivie par la #8 deux tours après. Un décalage qui permettra, peut-être, d’éviter un trafic trop encombrant. L’écurie victorieuse à cinq reprises en Sarthe connaît parfaitement les subtilités de l’endurance. Doubler des LMP2 et des LMGT3 prend du temps, et fait souvent prendre des risques aux pilotes.

Ainsi, Sébastien Buemi, sur la #8, et Mike Conway, sur la #7, peuvent exploiter le potentiel de leur voiture un peu plus sereinement. Buemi, particulièrement, vole sur l’asphalte chauffé à blanc. Alors que René Rast est gêné par des voitures plus lentes dans les S Porsche, le Suisse signe un 3’26’’580, soit le meilleur temps de l’épreuve. Le quadruple vainqueur des 24 Heures ne pense qu’à une seule chose : apposer son sceau sur la course mythique avec un cinquième succès. Grâce à ce coup de maître, l’équipe Toyota s’est tissé un matelas de 30 secondes d’avance environ.

Bien sûr, Buemi n’est pas le seul à penser à la plus haute marche du podium. Pour accomplir leur rêve, les engagés haussent le ton, et, forcément, aucun écart de conduite, aussi infime soit-il, ne pardonne. En voulant dépasser une LMP2, Antonio Fuoco (Ferrari #50) se retourne au Tertre Rouge et glisse sur plusieurs mètres, sans rien toucher. Une issue heureuse pour un incident qui aurait pu coûter très cher au Cheval cabré.

Toyota déroule son plan de marche, impérial, quand les ingénieurs constatent une anomalie dans la télémétrie. La pression du pneu arrière gauche diminue, synonyme d’une crevaison lente sur la #7. Le pilote doit en être informé. Il doit surtout rentrer au stand pour intervention. Un arrêt imprévu qui a un impact immédiat sur le classement de la TR010 – Hybrid, sortie 16e.

Un véritable coup de théâtre chamboule la hiérarchie. La BMW #20 et les Cadillac #12 et #101, toutes très bien placées, s’arrêtent en fin de relais. Seul problème, la procédure Full Course Yellow est déployée sur tout le circuit, ce qui signifie que ceux qui ravitaillent ne peuvent pas faire le plein. Il faut donc, pour ces trois voitures, s’arrêter de nouveau au tour suivant, afin de remplir le réservoir. La Toyota #8, décalée, ne subit pas le même sort, et prend donc confortablement la tête de la course.

Les pilotes Ferrari jouent avec les limites. Chaque dépassement est risqué ; parfois, ça ne se passe pas comme prévu. Alessandro Pier Guidi (Ferrari #51), s’accroche avec l’Oreca #9 Proton Competition dans les S de la Forêt. Miraculeusement, Pier Guidi s’en sort sans dommages. Peu après, il est sanctionné d’un drive through pour avoir causé la touchette. Quelques minutes après, la Ferrari #83 AF Corse est également pénalisée de cinq secondes en raison d'une remise en piste dangereuse après un arrêt au stand. 

Alors que le soleil descend dans le ciel dégagé, la température diminue. Ceci profite aux Cadillac V-Series.R, et notamment la #38. Jack Aitken se démène, sans faire la moindre erreur. Il n’était pas concerné par l’arrêt supplémentaire lié au Full Course Yellow. Ainsi, il réussit à doubler la BMW #20. Ce début de course est autant une bataille stratégique d’ingénieurs que de pilotes. Une fois de plus, les 24 Heures du Mans rappellent que l’endurance est un sport collectif. À 20 heures, Toyota mène, devant BMW et Cadillac, qui s'échangent les positions au gré des arrêts aux stands.

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La remontée de Duqueine Team

Surprise au départ en LMP2 : Job van Uitert, sur l’Oreca 07 – Gibson #28 IDEC Sport, s’illustre alors que l’Hyperpoleman Esteban Masson (Oreca #29 Forestier Racing by Panis) connaît une entame un peu plus délicate. Comme d’habitude, dans les premières minutes, les écarts sont très serrés dans cette catégorie monotype. À noter l’excellent début d’épreuve de Julien Andlauer, sur l’Oreca #30 Duqueine Team, qui remonte le peloton à vue d’œil, jusqu’à arriver en première place au moment où l’Oreca #28 IDEC Sport rentre aux stands.

Dans une catégorie où les voitures sont identiques, le moindre détail peut avoir une importance déterminante sur le résultat final : un ravitaillement quelques dixièmes plus rapide qu’un autre, un dépassement un peu plus osé sur une LMGT3 ou une section délicate mieux négociée. Telle est la pression que pilotes et équipes subissent pendant 24 heures en LMP2. Pour rappel, la victoire s’est jouée à moins d’un tour sur les six dernières éditions.

Si Duqueine Team se démarque à mesure que les tours s’enchaîne, IDEC Sport reste en embuscade. Il ne faudrait pas sous-estimer Forestier Racing by Panis, dont la voiture s’est montrée très véloce depuis le début de la semaine. Les favoris sont au rendez-vous.

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Porsche s'oppose à Lexus

L’Hyperpoleman Mattia Drudi, sur l’Aston Martin Vantage AMR LMGT3 #27, conserve sa place de leader après les premiers virages. Il imprime un rythme stupéfiant, et distance instantanément les deux Lexus RC F LMGT3 #87 et #78 Akkodis ASP Team. Petite déconvenue pour Proton Competition, contraint de faire rentrer au stand sa Ford Mustang LMGT3 #88 pour réparer l’arrière afin que cela ne présente pas de danger pour les autres coureurs.

De plus amples réparations attendent les équipes Iron Lynx. Martin Berry, sur la Mercedes-AMG LMGT3 #61, parti en tête-à-queue au Tertre Rouge, a crevé.

Après la première salve d’arrêts, la Lexus #78 prend les commandes. Elle est bientôt rejointe par sa sœur, la #87. Lexus a le droit de nourrir de grandes ambitions en LMGT3 ; après tout, elle compte, dans ses équipages, un vainqueur des 24 Heures du Mans en la personne de José María López. Cette expérience de la gagne peut clairement faire la différence en cas de lutte serrée demain après-midi.

Les Porsche, tenantes du titre, sont particulièrement véloces. Au fil des heures, la #91 Manthey DK Engineering remonte et passe en première position. Les Lexus ne lâchent rien, et promettent de livrer une bataille acharnée à leurs adversaires jusqu'à la fin. 

Top 5 du classement général à 20 heures :

1. Toyota GR010 Hybrid #8 Toyota Gazoo Racing – Sébastien Buemi / Brendon Hartley / Ryo Hirakawa – 66 tours
2. BMW M Hybrid V8 #20 BMW M Team WRT – Robin Frijns / Rene Rast / Sheldon van der Linde – + 29''616
3. Cadillac V-Series.R #38 Cadillac Hertz Team JOTA – Sébastien Bourdais / Earl Bamber / Jack Aitken – + 31''694
4. Cadillac V-Series.R #12 Cadillac Hertz Team JOTA – Louis Delétraz / Will Stevens / Norman Nato – + 58''607
5. Alpine A424 #35 Alpine Endurance Team – António Félix Da Costa / Charles Milesi / Ferdinand Habsburg – + 1'24''549

Les leaders des autres catégories :

  • LMP2 : Oreca 07-Gibson #30 Duqueine Team – Doriane Pin / Julien Andlauer / Richard Verschoor – 63 tours
  • LMGT3 : Porsche 911 GT3 R LMGT3 #91 Manthey DK Engineering – James Cottingham / Timur Boguslavskiy / Ayhancan Güven – 58 tours

Le meilleur tour en course :

  • Sébastien Buemi (Toyota TR010 - Hybrid #8) - 3'26''580
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